Olivier Faure prêt à diriger une coalition de gauche si le gouvernement tombe et propose un Premier ministre sans 49-3 centré sur investissement et justice fiscale pour rassembler écologistes PCF et ex-Insoumis
Olivier Faure prêt à diriger une coalition de gauche sans 49.3, pour l'investissement et la justice fiscale. Propositions budgétaires à venir.
Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a utilisé la tribune des universités d’été du parti, à Blois, pour poser une offre politique claire : en cas de chute du gouvernement de François Bayrou le 8 septembre, il demande à Emmanuel Macron de nommer un Premier ministre issu de la gauche. Devant plusieurs centaines de militants et lointains partenaires — écologistes, PCF, anciens Insoumis, Place publique et Générations — M. Faure s’est présenté non seulement comme porteur d’un programme alternatif, mais aussi comme candidat potentiel à la direction d’un futur gouvernement de coalition. « Nous sommes volontaires pour être les suivants ! », a-t-il lancé, martelant la volonté d’une « autre manière de gouverner ».
Un engagement formel contre le recours au 49-3
L’un des engagements les plus saillants de son discours porte sur l’usage de l’article 49.3 de la Constitution, permettant au gouvernement d’adopter un texte sans vote parlementaire. Olivier Faure a promis « de ne pas utiliser le 49-3 », ce qui, selon lui, obligerait une future majorité à « trouver des compromis texte par texte ». Ce positionnement vise à se distinguer d’un exécutif perçu comme vertical et à séduire des partenaires de gauche soucieux de procédures démocratiques plus larges.
Cet argument est double : il s’agit à la fois d’une promesse de méthode et d’un message politique pour attirer des forces qui jugent inacceptable l’usage systématique des procédures constitutionnelles d’exception. En pratique, renoncer au 49.3 implique que toute réforme devra passer par la négociation parlementaire et accepte le risque d’une incapacité à faire adopter certains textes si la majorité est fragile ou divisée.
Un cap économique axé sur l’investissement et la justice fiscale
Sur le fond, le PS doit présenter, à la clôture de ces universités d’été, des propositions budgétaires qui, selon M. Faure, placeront la priorité « à l’investissement et à la justice fiscale ». Il affirme que la gauche démontrera « qu’il est possible de désendetter le pays sans enfoncer les classes populaires et moyenne » et que « le désendettement ne peut signifier l’asphyxie de l’activité ».
Ce discours traduit une stratégie classique de gauche : concilier soutiens à la croissance publique par l’investissement (infrastructures, transitions énergétique et numérique, services publics) avec une réforme de la fiscalité visant à redistribuer et à alléger le poids sur les ménages modestes et moyens. Reste à savoir comment le PS compte chiffrer ces priorités et quelles lignes rouges il fixe sur la dette, les dépenses et l’imposition — éléments que les propositions budgétaires promises doivent préciser.
Le rassemblement des forces de gauche évoqué par M. Faure — écologistes, PCF, ex-Insoumis, Place publique, Générations — n’est pas nouveau, mais il est difficile. Ces formations partagent des objectifs partiels mais divergent sur la stratégie, la rapidité des réformes et le degré de concessions possibles. L’annonce de la volonté d’être « les suivants » vise clairement à catalyser une dynamique et à tester la confiance des partenaires potentiels.
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