Patrice Faure nommé préfet de police de Paris à 58 ans, ex DGSE et chef de cabinet de Macron : parcours atypique et débat sur sa proximité politique
Patrice Faure, 58 ans, ancien militaire et chef de cabinet, nommé préfet de police de Paris. Parcours atypique et débat sur sa proximité politique.
C’est l’aboutissement d’un parcours atypique : à 58 ans, Patrice Faure a été nommé préfet de police de Paris en remplacement de Laurent Nuñez, désormais ministre de l’Intérieur. Sa nomination a été entérinée lors du Conseil des ministres, mercredi 22 octobre. Ancien militaire et passé par la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), il dirigeait depuis le début de 2024 le cabinet du président de la République à l’Élysée, position qui témoigne de sa proximité avec Emmanuel Macron et qui a largement pesé dans ce choix institutionnel.
Un parcours professionnel hors norme
Issu d’un milieu modeste, Patrice Faure présente un profil peu conventionnel pour un haut fonctionnaire : titulaire d’un CAP de pâtisserie, d’une maîtrise en histoire et d’une autre en mathématiques, il a d’abord embrassé la carrière militaire où il a gravi les échelons comme sous-officier avant de rejoindre, en 2002, la DGSE. Deux ans plus tard, il est nommé au ministère des Outre-mer comme chef du cabinet militaire, une affectation qui marque le début de ses liens durables avec les territoires ultramarins.
Son itinéraire le conduit ensuite à des responsabilités administratives et opérationnelles de plus en plus visibles : directeur de cabinet du préfet de Mayotte, membre des équipes ministérielles aux Outre-mer, premier passage à une direction de la préfecture de police en 2016, puis préfet de Guyane en 2017 au sortir d’un vaste mouvement social. Il y met en œuvre les accords issus de cette crise et se forge la réputation d’un homme de terrain, au franc-parler assumé.
En 2021, il devient haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie, poste qu’il occupe jusqu’en 2023 et au cours duquel il supervise l’organisation du troisième référendum d’autodétermination. Ceux qui l’ont côtoyé en territoire ultramarin décrivent un responsable ‘‘allant au contact’’, volontiers direct dans la parole et pragmatique dans la gestion des crises.
Un profil politique et institutionnel scruté
La nomination de Patrice Faure à la préfecture de police de Paris intervient dans un contexte politique sensible. Le poste est l’un des plus stratégiques de l’appareil d’État, à la croisée des enjeux sécuritaires et du lien avec le pouvoir exécutif. Deux autres préfets chevronnés, Bertrand Gaume et Georges‑François Leclerc, figuraient sur la liste des candidats réputés. La proximité de Faure avec le chef de l’État — attestée par sa fonction à l’Élysée — a vraisemblablement fait pencher la balance, ce qui alimente débats et analyses quant à l’équilibre entre compétence opérationnelle et affinités politiques dans les nominations de haut niveau.
Sur le plan du style, Faure est présenté comme un dirigeant au langage cru mais sincère — un trait que certains collaborateurs rapprochent d’une efficacité de terrain plutôt que d’une volonté de provoquer. Père de six enfants, son image publique renvoie à celle d’un gestionnaire ferme, parfois rugueux, mais apprécié pour sa capacité à imposer des solutions dans des situations tendues.
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