Présidentielle 2027 Jean Luc Mélenchon ouvre sa campagne à Saint Denis devant près de 26 000 personnes et revendique la première place à gauche en promettant SMIC à 1 700 euros retraite à 60 ans et démantèlement des trusts médiatiques
Jean-Luc Mélenchon a tenu son premier grand meeting à Saint-Denis, rassemblant près de 26 000 personnes selon LFI. Il revendique la place centrale à
Jean-Luc Mélenchon a lancé dimanche 7 juin son premier grand meeting de campagne pour la présidentielle de 2027 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Selon le parti La France insoumise, près de 26 000 personnes se sont rassemblées place Victor Hugo — un espace choisi pour sa proximité avec la mairie dirigée par l’insoumis Bally Bagayoko et la basilique de Saint-Denis, lieu chargé d’histoire.
Un discours offensif contre Macron et le Rassemblement national
Dans un long discours d’environ une heure, le leader de La France insoumise a affiché un ton résolument combatif. Il a qualifié la France de « champ de ruines sociales » depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, condamnant ce qu’il désigne comme une « régression sociale » profitant à une minorité au détriment du plus grand nombre.
Mélenchon a fortement ciblé le Rassemblement national, accusé de tenir un discours de « suprémacisme » visant, selon lui, à hiérarchiser les êtres humains et à diviser les peuples selon l’ethnie et la religion. Cette attaque s’inscrit dans la ligne idéologique de son parti, qui présente l’extrême droite comme la principale menace politique à combattre.
Message adressé à la gauche et promesses programmatiques
Le chef de file insoumis a également lancé un message clair aux autres forces de gauche, affirmant que « la primaire est finie » et revendiquant pour La France insoumise la place de « marcher en première ligne » face au Rassemblement national. Par cette formule, il entend marquer la priorité de son mouvement dans la bataille électorale et mettre la pression sur les discussions autour d’une éventuelle primaire unitaire.
Sur le plan programmatique, Mélenchon a rappelé plusieurs propositions fortes. Il a annoncé vouloir porter le niveau du salaire minimum (SMIC) à 1 700 euros. Il a aussi promis le rétablissement de la retraite à 60 ans — ou à taux plein dès 40 annuités — figurant parmi les priorités de son projet social.
Le candidat a par ailleurs pris position sur les enjeux territoriaux : il a déclaré que la Nouvelle-Calédonie « ira vers l’indépendance » et que la Corse ferait l’objet d’un accompagnement vers « l’autonomie étendue » demandée par une partie de sa population. Ces engagements traduisent une volonté d’affirmer des choix clairs sur les questions d’outre-mer et des spécificités régionales.
Attaque contre les « trusts médiatico-culturels » et appel culturel
Jean-Luc Mélenchon a annoncé que l’une de ses premières mesures législatives, en cas de victoire, serait une loi destinée à « démanteler ces trusts médiatico-culturels ». Sa charge s’est concentrée sur les milliardaires détenteurs de groupes de presse et de maisons d’édition, accusés d’exercer une influence excessive sur la vie culturelle et médiatique.
Il a relancé l’appel à « zapper Bolloré », formule reprise d’un collectif de professionnels du cinéma qui dénonce le poids de Vincent Bolloré dans le secteur culturel. Ce clin d’œil vise à mettre en lumière, selon lui, les liens entre concentration économique et uniformisation culturelle.
Le ton du meeting, tant dans la forme que dans le fond, illustre la stratégie de La France insoumise : mobiliser une large base populaire autour de revendications sociales et d’un discours clairement opposé à la fois au macronisme et à l’extrême droite, tout en se positionnant comme l’acteur principal de la gauche pour 2027.
Si les chiffres de participation avancés par le parti — près de 26 000 personnes — témoignent d’une forte mobilisation affichée, ils proviennent de l’organisateur lui-même. Ces estimations sont courantes lors de meetings politiques, mais elles sont souvent sujettes à variations selon les méthodes de comptage utilisées par les organisateurs, les forces de l’ordre ou les médias indépendants.
En attendant la consolidation des autres candidatures et l’évolution des alliances à gauche, ce premier grand rassemblement pose clairement le cadre du débat : une campagne à forte tonalité sociale, une critique ciblée des concentrations médiatiques et une volonté d’affronter frontalement l’extrême droite dans la course à l’Élysée.