Présidentielle en Tunisie : Trois candidats retenus
Tunisie : Trois candidats retenus pour l’élection présidentielle, un scrutin contesté
Trois candidats, dont le président sortant Kaïs Saïed, ont été retenus pour se présenter à l’élection présidentielle en Tunisie le 6 octobre. Mis à part Kaïs Saïed, les deux autres postulants sont Zouhair Maghzaoui, un ancien député défenseur du panarabisme, et Ayachi Zammel, chef d’un petit parti peu connu. Pour les 14 autres prétendants éliminés, il leur est encore possible de déposer des recours, selon le président de l’autorité électorale Isie, Farouk Bouasker, qui a précisé que ces candidats n’avaient « pas recueilli suffisamment de parrainages ».
Le processus de candidature à cette élection présidentielle a été éprouvant pour les rivaux de Kaïs Saïed, selon plusieurs experts. Élu démocratiquement en 2019, Saïed a consolidé ses pouvoirs lors d’un coup de force en juillet 2021, ce qui lui vaut des accusations de dérive autoritaire de la part de l’opposition et de ses détracteurs. Les candidats devaient obtenir le parrainage de dix parlementaires, 40 élus locaux ou 10.000 électeurs, avec au moins 500 soutiens par circonscription, un seuil jugé très élevé par de nombreux observateurs. L’Isie exigeait également un extrait de casier judiciaire (B3) prouvant l’absence de condamnations, ce qui a posé problème à plusieurs candidats se plaignant de difficultés administratives pour obtenir les formulaires de parrainage et leurs casiers judiciaires.
Une partie des potentiels candidats se retrouve en détention, dont Issam Chebbi et Ghazi Chaouachi, accusés de complot contre l’État. Ces deux personnalités politiques, aux côtés d’autres opposants, hommes d’affaires et anciens ministres, ont été arrêtés en février 2023 pour des faits similaires, une enquête qualifiée de « chasse aux sorcières » par Amnesty International. L’opposante Abir Moussi, cheffe du Parti destourien libre et héritière politique des anciens autocrates Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali, est également retenue en détention depuis octobre pour des accusations de complot contre l’État, ce qui a entraîné le rejet de sa candidature.
Contestation et contestation de l’élection présidentielle tunisienne
L’admiral à la retraite et ancien conseiller à la sécurité nationale, Kamel Akrout, qui a finalement renoncé à se présenter, a critiqué le processus électoral en dénonçant une « absence d’égalité des chances et des obstacles visant à exclure des candidats au profit d’un seul ». Il estime ainsi que le scrutin du 6 octobre sera « une formalité qui ne servira à rien d’autre qu’à conférer une légitimité imaginaire à un échec politique, un effondrement économique sans précédent, une pauvreté extrême et un isolement diplomatique ».
De son côté, le militant politique et écrivain Safi Saïd, également consid