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Rapport Alloncle : 80 recommandations pour refondre l'audiovisuel public et réaliser 1 milliard d'euros d'économies avec fusions de chaînes, suppressions d'offres jeunesse et réformes de gouvernance

Découvrez les 80 recommandations pour restructurer l'audiovisuel public, réaliser 1 milliard d'économies et réformer la gouvernance.

Un rapport volumineux et controversé

Le rapport de Charles Alloncle, rendu public mardi 5 mai par le site de l’Assemblée nationale, pèse près de 400 pages et synthétise des centaines d’heures d’auditions menées par la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public. Adopté de justesse par les députés membres de la commission (12 voix pour, 10 contre et 8 abstentions), ce document formule 80 recommandations et fixe, comme objectif chiffré, une économie d’un milliard d’euros — soit environ un quart des crédits publics consacrés au secteur, selon le rapporteur.

Coupe dans les offres jeunesse, fusions et recentrages

Parmi les propositions les plus saillantes figure la suppression de France 4 et de Slash, l’offre numérique de France Télévisions destinée à la jeunesse, afin de « redéployer les moyens » vers une nouvelle offre, notamment sur les réseaux sociaux. Sur le volet radio, le rapport recommande la suppression de Mouv’, la station musicale de Radio France principalement dédiée au rap.

Le rapporteur propose également de fusionner France 2 et France 5, estimant que ces chaînes se recouvrent trop, en particulier par des rediffusions en seconde partie de soirée. Cette fusion viserait, d’après le texte, à réduire les reprises de programmes et à construire « une vraie chaîne du service public » capable de se distinguer des chaînes privées commerciales.

Autre proposition de restructuration : la refonte des chaînes franceinfo et France 24 en une seule entité, conçue comme « une chaîne internationale francophone de premier plan » assurant la représentation et les intérêts de la France à l’étranger. Le rapporteur juge par ailleurs que franceinfo n’a pas trouvé « ni son public ni sa singularité » dans un paysage de l’information continue déjà dense.

S’inscrivant dans la logique de regroupements territoriaux et de marques partagées, le texte recommande aussi un rapprochement plus étroit entre l’ex-Radio France Bleu et les antennes régionales de France 3, dans la continuité de la marque commune ICI établie depuis 2023.

Rééquilibrage des genres, baisse des coûts des jeux et du sport

Le rapport critique le nombre d’émissions de jeux au sein de l’audiovisuel public et appelle à un « rééquilibrage des genres » en faveur de formats jugés plus conformes à la mission de service public, citant en exemple des jeux de culture générale tels que Questions pour un champion ou Des chiffres et des lettres. Il préconise une réduction de 75 % du budget consacré à ces émissions, une mesure évaluée à 170 millions d’euros d’économies.

Les retransmissions sportives sont aussi ciblées : le rapport souhaite diminuer de 25 % le budget consacré aux droits et diffusions sportives, tout en « sanctuarisant » certaines compétitions majeures liées au service public, comme Roland-Garros, le Tour de France ou le Tournoi des six nations.

Gouvernance, nominations et rattachement administratif

Sur la gouvernance, Charles Alloncle propose de modifier le processus de nomination des présidents de Radio France et de France Télévisions : le président de la République soumettrait un nom au vote du Parlement, conformément à un modèle présenté comme plus « pluraliste, démocratique et transparent ». Il suggère par ailleurs de conditionner certaines nominations à une audition devant les conseils d’administration des entreprises audiovisuelles, où siègent notamment des représentants parlementaires.

Enfin, le rapport préconise de faire dépendre Radio France et France Télévisions non plus du ministère de la Culture, mais directement de Matignon via la création d’un secrétariat général de l’audiovisuel public.

Encadrement de l’expression des salariés et rôle des éditorialistes

Le texte recommande d’instaurer pour les salariés de l’audiovisuel public un devoir de neutralité sur les réseaux sociaux, comparable à celui exigé de certaines fonctions publiques, assorti de sanctions disciplinaires en cas de manquement. Il plaide aussi pour la fin des « éditorialistes ‘made in service public’ », en réservant ce rôle à des personnalités issues de la presse privée d’opinion afin, selon l’auteur, que les auditoires sachent « d’où parlent » les éditorialistes et que le service public reste une agora de confrontation d’idées.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. Le rapport lui‑même a été publié sur le site de l’Assemblée nationale, source primaire et vérifiable pour le texte et les auditions : sa fiabilité documentaire est forte pour établir ce qui a été entendu et préconisé. Les éléments de contextualisation et certains propos du rapporteur sont repris par des médias cités dans le texte original — Le Figaro, franceinfo et RTL — qui ont chacun une ligne éditoriale et un degré d’indépendance différents. Le Figaro, quotidien conservateur, est susceptible de mettre en avant des analyses favorables aux propositions du rapporteur ; franceinfo, service public, et RTL, radio privée généraliste, ont pour part des approches plus diverses mais crédibles pour rendre compte d’entretiens et de réactions. Ensemble, ces sources permettent de reconstituer le contenu et la réception du rapport, mais le lecteur doit garder à l’esprit les biais éditoriaux propres à chaque titre lorsqu’il s’agit d’interpréter les intentions politiques et l’accueil parlementaire des recommandations.

  2. Précisions et limites

  3. Le présent article reprend et réorganise les propositions telles qu’elles apparaissent dans le rapport rendu public. Il n’ajoute ni ne confirme d’effets concrets sur les sociétés publiques : mise en œuvre, calendrier législatif ou coûts réels de transformation nécessiteront des décisions ultérieures du Parlement et de l’exécutif, et demeurent, à ce stade, incertains.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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