Soirée de lancement du livre de Jordan Bardella : l’exclusion de trois journalistes provoque le départ de la quasi-totalité de la presse
Jordan Bardella : des journalistes de Mediapart, Politis et indépendants se voient refuser l’accès à la soirée de lancement de Gouverner.
La soirée de lancement de Gouverner, le troisième livre de Jordan Bardella publié chez Fayard, a été marquée par un différend sur l’accès de plusieurs journalistes. Mercredi 4 novembre 2026, au Pavillon Wagram, à Paris, trois professionnels de l’information se sont vu refuser l’entrée, selon le récit fourni, qui s’appuie sur les observations d’une journaliste de France Télévisions et sur des informations de l’AFP. En réaction, la quasi-totalité des journalistes inscrits auraient quitté les lieux.
Trois journalistes écartés à l’entrée
L’incident s’est produit peu avant 20 heures, alors que des dizaines d’invités arrivaient dans cette salle de réception de l’ouest parisien. Les trois journalistes concernés travaillaient pour Mediapart, pour Politis et, dans le dernier cas, comme indépendant. D’après l’AFP, citée dans l’article initial, le journaliste de Mediapart disposait d’un billet nominatif. Le texte ne précise pas les justificatifs dont disposaient les deux autres professionnels.
Interrogé par l’agence, Victor Chabert, directeur du service de presse du Rassemblement national, a invoqué le caractère privé de la soirée et indiqué que les journalistes concernés n’étaient pas accrédités. L’AFP relevait toutefois que de nombreux autres médias avaient obtenu une accréditation. Le désaccord porte donc sur les conditions d’accès à un événement organisé par un éditeur, mais ouvert à une partie de la presse.
La présence d’un billet nominatif et l’obtention d’une accréditation journalistique sont deux éléments distincts dans les versions rapportées. Le récit disponible ne détaille ni la procédure d’inscription ni les critères appliqués pour autoriser les médias à entrer. Il permet de constater le refus d’accès, sans établir précisément comment la décision a été prise ni à quel moment elle a été communiquée aux intéressés.
Selon l’AFP, la quasi-totalité des journalistes inscrits ont ensuite quitté les lieux en signe de protestation. L’agence mentionne parmi les exceptions des médias du groupe Bolloré, auquel l’article rattache également Fayard. Aucun décompte détaillé des départs ou des rédactions restées sur place n’est fourni : l’ampleur de ce mouvement doit donc rester attribuée à l’agence, plutôt que présentée comme un relevé exhaustif.
Un nouvel épisode dans les tensions avec Mediapart
Carine Fouteau, présidente de Mediapart, a dénoncé une nouvelle entrave au travail de son journaliste et qualifié cette exclusion de censure. Sa réaction exprime la position du média directement concerné. Elle ne se confond pas avec une appréciation indépendante des conditions d’accès à la soirée, pas plus que l’explication du RN ne suffit à éclairer l’ensemble des circonstances.
L’épisode intervient après la publication, fin septembre, d’une enquête attribuant à Jordan Bardella des écrits de jeunesse antisémites. Le président du RN conteste ces accusations et a déposé plainte pour diffamation, selon le texte initial. Cette contestation doit accompagner le rappel des accusations, sans préjuger de leur éventuel examen judiciaire. Le conflit avec Mediapart est également évoqué dans les publications du site d’investigation.
L’article rapporte aussi deux précédents à Orléans, fin octobre, pendant le congrès du RN et le premier meeting de campagne de Marine Le Pen : des journalistes de Mediapart auraient été chahutés par des militants puis évacués sans ménagement par le service d’ordre. Ces épisodes constituent le contexte du différend, mais restent distincts du refus d’entrée au Pavillon Wagram.
Une manifestation devant la salle
À l’extérieur, une quinzaine de militants du collectif contre l’antisémitisme Nous vivrons se sont rassemblés avec des pancartes et des mégaphones, selon le récit de France Télévisions repris dans l’article. Leurs slogans visaient Jordan Bardella et dénonçaient l’antisémitisme. Cette mobilisation se déroulait parallèlement à l’incident concernant les journalistes, sans que le texte établisse de lien entre les deux événements.
Sur X, avant son arrivée, Jordan Bardella a présenté cette protestation comme une manifestation de l’extrême gauche contre un livre. Le collectif a rejeté cette qualification, revendiqué son engagement contre l’antisémitisme et affirmé son attachement à la République. Ces messages rendent compte d’un affrontement politique : ils doivent être lus comme les déclarations des protagonistes, non comme des descriptions neutres.
Des sources à distinguer selon leur rôle
Le récit repose principalement sur l’AFP et France Télévisions, avec des observations de terrain explicitement attribuées : c’est son principal point d’appui. Leurs comptes rendus originaux n’ayant pas été consultés directement ici, cette attribution doit rester visible. Les déclarations du RN, de Mediapart et de Nous vivrons renseignent, elles, sur leurs positions respectives. Enfin, Fayard constitue une source directe pour l’identification de l’ouvrage et de son auteur, mais pas une source indépendante sur l’incident.