Valérie Pécresse propose une primaire ouverte de la droite et du centre dès après les municipales pour désigner un candidat avant la fin du printemps
Pécresse réclame une primaire ouverte droite et centre dès après les municipales pour choisir le candidat 2027. Calendrier, exclusions et réactions.
La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), a réclamé samedi 14 février l’organisation d’une primaire de la droite et du centre — et ce « dès le lendemain des municipales », avec « une date butoir avant l’été », selon une interview accordée au Parisien. L’élue affirme que ni les enseignements de la primaire de 2022 ni ceux de la campagne présidentielle qui a suivi n’ont été tirés, rappelant sa propre expérience personnelle, après un score de 4,78 % à la présidentielle qu’elle a menée.
Un calendrier serré pour rassembler la droite et le centre
Pécresse propose une primaire « la plus ouverte possible », arguant qu’une large participation donnerait « un élan populaire » au futur candidat. Son calendrier — immédiatement après les municipales, avec une échéance avant l’été — vise à accélérer le processus de désignation avant la campagne présidentielle. Une telle cadence pose cependant des questions organisationnelles : qui administrerait la primaire, avec quelles règles d’éligibilité et de participation, et comment arbitrer entre la recherche d’ouverture et la nécessité d’un cadre contrôlé par les partis ?
Sur le plan politique, l’idée cherche à répondre à un constat partagé par certains responsables de droite : l’éparpillement des candidatures et l’absence d’un signal clair au-delà des formations LR. Mais la proposition se heurte déjà à des résistances au sein de la droite parlementaire, notamment entre personnalités comme Laurent Wauquiez et d’autres ténors, ce que Pécresse illustre en marquant ses divergences sur le cas de Sarah Knafo.
Exclusions, alliances et tensions internes
Contrairement à Laurent Wauquiez, chef des députés LR, Pécresse se dit opposée à la participation de Sarah Knafo à une primaire commune. Elle justifie ce refus en rappelant que l’eurodéputée de Reconquête siège au Parlement européen au sein d’un groupe qui comprend des formations qualifiées d’extrême droite, citant indirectement la proximité parlementaire avec des partis comme l’Alternative für Deutschland (AfD). Cette mise à l’écart manifeste la difficulté de tracer des frontières entre ce qui relève de la droite républicaine et ce qui est perçu comme une extrême droite inacceptable pour certains cadres du centre et de la droite démocratique.
Interrogée aussi sur Edouard Philippe, qui a déjà décliné l’idée de participer à une primaire, Pécresse anticipe qu’« il y aura une pression politique forte » pour faire évoluer les positions. Son commentaire sur l’annonce de Bruno Retailleau, patron du groupe LR au Sénat, qui a déclaré sa candidature pour 2027, est plus mesuré : Pécresse juge cette déclaration « utile » pour clarifier les esprits et lancer la réflexion sur le processus de sélection du candidat.
Ces échanges révèlent une double dynamique : d’un côté, la recherche d’un mécanisme susceptible de fédérer une majorité électorale ; de l’autre, l’ampleur des désaccords sur les règles du jeu et la composition des concurrents admis. La proposition d’une primaire ouverte promet des mobilisations, mais elle exacerbe aussi les doutes sur la capacité de la droite et du centre à s’entendre sur un minimum d’exigences politiques.
État des lieux : enseignements et contraintes
Pécresse met en avant l’idée qu’il faut apprendre de la dernière séquence présidentielle pour éviter une nouvelle diffusion du vote à droite et au centre. Son diagnostic met en lumière la fragilité d’un camp qui cherche à concilier des électeurs modérés et des électeurs plus identitaires, tout en gérant des personnalités de poids qui hésitent à s’engager dans des compétitions internes.
Sur le plan pratique, organiser une primaire exige des règles acceptées par les principaux acteurs (modalités de vote, financement, arbitres indépendants, calendrier) et une capacité à convaincre des figures comme Edouard Philippe de participer. Sans ces éléments, une primaire risque soit d’être contestée, soit d’exclure des sensibilités essentielles et de reproduire les divisions qu’elle prétend résoudre.
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