Dichlorvos et Sniper 1000 toujours en circulation malgré l'interdiction européenne et française depuis 2013 un trafic clandestin lié à des importations et des ventes informelles provoque des intoxications graves et plusieurs décès
L'Anses alerte: le dichlorvos circule illégalement et a provoqué des intoxications graves. Informez-vous sur les risques et les mesures à prendre.
Un insecticide interdit qui continue de circuler
Interdit en France et dans l’Union européenne depuis 2013 en raison de sa forte toxicité, le dichlorvos — principal principe actif du produit commercialisé sous le nom de « Sniper 1000 » — reste pourtant présent sur le marché illégal et continue d’être utilisé pour lutter contre les punaises de lit et les cafards. Dans un bulletin de vigilance publié lundi 13 avril, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) signale un « important trafic », en particulier en Île-de-France, malgré les saisies et les alertes répétées des autorités sanitaires.
Selon l’Anses, le « Sniper 1000 » est vendu illégalement sur des marchés, dans des bazars ou via internet et circule principalement depuis des importations en provenance d’Afrique subsaharienne. Le produit était autrefois utilisé dans des habitations, des entrepôts, des cultures et des élevages ; son retrait de la commercialisation répondait toutefois à des préoccupations sanitaires majeures liées à sa toxicité.
Un nombre d’intoxications en hausse et des conséquences graves
Les centres antipoison avaient recensé 206 cas d’intoxication liés au dichlorvos entre 2018 et juin 2023. L’Anses relève une nette augmentation sur la période suivante : 351 intoxications comptabilisées sur trois ans, avec une majorité des personnes exposées étant des femmes (six cas sur dix). Si la plupart des expositions ont donné lieu à des symptômes bénins, environ un cas sur dix a présenté une gravité moyenne et quatre cas ont été mortels.
Les intoxications liées au dichlorvos peuvent se traduire par des symptômes respiratoires, digestifs, neurologiques ou neuromusculaires, qui, dans les formes sévères, peuvent conduire au décès. L’agence sanitaire rappelle que les punaises de lit montrent aujourd’hui une résistance à « la quasi-totalité des insecticides en vente libre », et préconise, lorsque l’infestation persiste, de recourir à un professionnel certifié plutôt que d’utiliser des produits interdits.
L’Île-de-France concentre près de sept expositions sur dix, dont plus d’une sur cinq dans le seul département de la Seine-Saint-Denis. Toutefois, l’Anses signale que, contrairement aux bilans précédents, le trafic et les cas d’intoxication se sont désormais étendus à d’autres grandes villes françaises — Marseille, Limoges, Lyon — ainsi qu’en Outre-mer.
Des saisies ont été effectuées mais n’ont pas suffi, selon l’agence, à enrayer la diffusion du produit. L’usage illicite de dichlorvos pour traiter des habitats ou des locaux demeure une menace sanitaire, d’autant que l’exposition involontaire des occupants ou des intervenants peut survenir lors d’applications inappropriées ou de reconditionnements non maîtrisés.
Que faire en cas d’infestation ou d’exposition ?
L’Anses insiste sur la nécessité de ne pas utiliser de produits interdits et rappelle que le recours à des solutions professionnelles et certifiées est la voie la plus sûre lorsque les moyens domestiques échouent. En cas d’exposition suspectée au « Sniper 1000 » ou à tout autre produit contenant du dichlorvos, il convient de contacter immédiatement un centre antipoison ou les services d’urgence. Les symptômes à surveiller incluent des difficultés respiratoires, nausées, vomissements, maux de tête, convulsions ou faiblesse musculaire.
Par précaution, les services sanitaires recommandent également d’éviter l’achat de produits phytosanitaires ou biocides sur les marchés informels, dans des bazars non réglementés ou sur des sites en ligne non fiables, où la traçabilité et la conformité aux normes européennes ne sont pas garanties.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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L’article se fonde principalement sur un bulletin de vigilance de l’Anses et sur des données issues des centres antipoison. Ces deux types de sources sont, pour ce sujet, de nature officielle et présentent un haut niveau de fiabilité : l’Anses est l’agence publique française chargée de la sécurité sanitaire dans les domaines concernés, et les centres antipoison recueillent et centralisent les signalements d’exposition toxique. Leur méthodologie repose sur des déclarations cliniques et des enquêtes, ce qui confère une base factuelle robuste aux chiffres cités.
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Néanmoins, quelques précautions s’imposent. Les données chiffrées indiquées dans le bulletin — notamment les comparaisons temporelles et la ventilation géographique — reflètent les cas notifiés et peuvent sous-estimer l’ampleur réelle du phénomène en cas de non-déclaration ou d’accès limité aux soins. De plus, l’information selon laquelle le produit serait importé principalement d’Afrique subsaharienne et vendu sur des marchés informels provient du rapport de vigilance ; elle paraît plausible et cohérente avec des circuits commerciaux parallèles mais mériterait, pour une enquête approfondie, des éléments complémentaires (saisies douanières, filières identifiées).
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En résumé, les éléments fournis par l’Anses et les centres antipoison sont crédibles et constituent la base la plus fiable dont disposent aujourd’hui les autorités sanitaires sur ce dossier. Ils justifient l’alerte publique et la recommandation de ne pas utiliser ce produit et de faire appel, en cas de besoin, à des professionnels certifiés.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.