Emmanuel Macron défend les médecins diplômés hors UE et critique la complexité administrative qui freine leur titularisation alors que ces praticiens sont essentiels dans les déserts médicaux français
Lors d’une visite à Lavelanet, Emmanuel Macron a dénoncé la lourdeur du système qui oblige les médecins diplômés hors UE à repasser des concours
En visite à l’hôpital de Lavelanet, en Ariège, le président de la République a provoqué une nouvelle polémique en s’en prenant aux partisans d’un refroidissement des relations avec l’Algérie. L’intervention, tenue le lundi 27 avril lors d’un déplacement consacré aux problématiques de santé en zone rurale, était centrée sur la place des médecins diplômés hors Union européenne (Padhue) dans le système de santé français et sur la complexité des procédures administratives qui pèsent sur leur titularisation.
Un ton vif et une critique du « système »
Devant des soignants et des élus locaux, Emmanuel Macron a qualifié de « mabouls » ceux qui souhaiteraient rompre les liens avec l’Algérie, avant de déplorer la lourdeur administrative qui encadre l’exercice des praticiens formés hors de l’Union européenne. S’adressant notamment à un médecin originaire d’Oran, le chef de l’État a fait part de son exaspération : « C’est encore le bordel. C’est un truc qui me rend dingue ! C’est la folie du système français. » Ces formules, familières et crues, ont immédiatement suscité des réactions politiques et médiatiques.
Au cœur du propos presidencial figure une mise en garde pragmatique : ces praticiens sont, selon lui, indispensables au maintien d’une offre de soins dans les territoires marqués par la pénurie de médecins. La critique porte principalement sur l’obligation qui pèse sur certains d’entre eux de repasser des concours ou de remplir des formalités lourdes pour être définitivement titularisés, alors qu’ils exercent déjà au sein d’établissements hospitaliers.
Les médecins formés hors UE : un rouage essentiel
Le texte original rappelle que, au 1er janvier 2025, 19 154 médecins diplômés à l’étranger hors Union européenne et exerçant en France étaient inscrits au tableau de l’Ordre des médecins. Parmi eux, une part notable proviendrait d’Algérie (38,8%), suivie par la Tunisie (15,1%), la Syrie (8,6%), le Maroc (7,4%) et le Liban (4%). Ces chiffres, repris tels quels dans le compte rendu de la visite, visent à illustrer l’importance de ces praticiens dans l’organisation des soins et, en filigrane, le risque que ferait peser un éventuel éloignement diplomatique avec certains pays d’origine.
Sur le fond, la question posée est double : d’un côté, la gestion des relations internationales et diplomatiques qui influent sur la mobilité des professionnels de santé ; de l’autre, l’architecture réglementaire française qui encadre la reconnaissance des diplômes et la titularisation. Le président a choisi de lier les deux dimensions pour souligner que les difficultés administratives se traduisent concrètement par des tensions sur le terrain, notamment dans les déserts médicaux.
Ses propos mettent aussi en lumière le contraste entre la nécessité opérationnelle — maintenir des postes occupés pour garantir l’accès aux soins — et les règles de qualification et de sécurité sanitaire que défend l’État. C’est ce nœud, technique et politique à la fois, qui alimente le débat public.
Politiquement, la formulation du président a provoqué un jeu d’embrasement : certains acteurs ont salué la mise en avant de la réalité des besoins en personnel soignant, d’autres ont dénoncé un langage jugé excessif ou risquant d’exacerber des tensions diplomatiques. La visite intervient dans un contexte où les questions migratoires, l’intégration professionnelle et les relations franco-maghrébines sont régulièrement débattues au plus haut niveau.
Enfin, sur le plan institutionnel, la critique du chef de l’État invite à une réflexion sur la simplification des procédures de reconnaissance et d’accès à la titularisation pour les médecins Padhue exerçant déjà en France. Plusieurs pistes existent, allant d’aménagements procéduraux à des dispositifs de validation des compétences en situation, mais leur mise en œuvre nécessite des arbitrages techniques et législatifs.
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