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Hausse de la mortalité périnatale en France en 2024 11,2 décès pour 1000 naissances inégalités territoriales et socioéconomiques rôle de la prématurité et pistes pour améliorer la prise en charge périnatale

La mortalité périnatale atteint 11,2 pour 1 000 en 2024 en France. Ce constat de la Drees met en lumière la part de la prématurité, les inégalités

La mortalité périnatale en France a enregistré une nouvelle hausse en 2024, selon une étude publiée par les services statistiques des ministères sociaux (Drees) le mardi 7 juillet. Mesurée comme la part des enfants nés sans vie ou décédés au cours de la première semaine de vie, cette mortalité atteint 11,2 pour 1 000 naissances sur l’année, d’après des calculs établis à partir de données hospitalières.

Chiffres et profils des nouveau-nés concernés

Sur 661 822 naissances recensées en 2024, 7 398 enfants sont décédés in utero ou au cours des sept premiers jours suivant leur naissance, précise la Drees. Le taux global de 11,2 pour 1 000 traduit une augmentation notable par rapport aux années précédentes : la proportion, qui avait fluctué autour de 10,5 pour 1 000 entre 2014 et 2021, s’est mise à croître à partir de 2021 et s’est accentuée en 2024, selon le même rapport.

Plusieurs facteurs maternels et obstétriques influent fortement sur le risque périnatal. L’âge gestationnel est déterminant : 84 % des morts périnatales en 2024 sont associés à des accouchements prématurés. Les naissances multiples présentent également un risque accru. L’âge maternel joue un rôle en U : les mères de moins de 20 ans affichent un taux de mortalité périnatale de 18,1 pour 1 000, tandis que celles âgées de 40 ans et plus atteignent 17,6 pour 1 000.

Inégalités géographiques et socio-économiques

Au-delà des facteurs médicaux, la région de résidence et le niveau socio‑économique pèsent de manière significative. En 2024, les communes regroupant le cinquième de la population la plus défavorisée ont enregistré un taux de mortalité périnatale de 12 pour 1 000, contre 9,5 pour 1 000 dans les communes les moins défavorisées.

Ces disparités se retrouvent aussi entre régions : la Guadeloupe a affiché un taux de 21 pour 1 000, soit 2,3 fois plus élevé que l’Auvergne‑Rhône‑Alpes (9,3 pour 1 000). Les départements et régions d’Outre‑mer présentaient en moyenne un taux supérieur de 60 % à celui de la France métropolitaine, selon les calculs fondés sur les données hospitalières utilisées par la Drees.

La combinaison de ces facteurs — prématurité, grossesses multiples, âge maternel extrême, territoires défavorisés — explique en partie l’élévation observée, mais les services statistiques soulignent que ces déterminants « n’expliquent (…) que partiellement l’augmentation de la mortalité périnatale depuis 2014 ». Le rapport invite donc à considérer d’autres causes possibles et à approfondir les analyses.

La santé périnatale, qui couvre la période de la grossesse au post‑partum, est au cœur des préoccupations, avec la dégradation de plusieurs indicateurs ces dernières années. La France, longtemps considérée comme un bon élève en Europe dans les années 1990, se trouve désormais dans le bas du classement des pays de l’Union européenne sur cet indicateur, d’après l’observation faite par la Drees dans son étude.

Les auteurs du rapport insistent sur la nécessité d’améliorer la prévention, l’accès aux soins périnataux et la prise en charge des grossesses à risque pour tenter d’enrayer cette tendance. Ils évoquent aussi l’importance des politiques publiques ciblant les inégalités territoriales et sociales, sans pour autant avancer de causalités définitives dans le document présenté.

Enfin, le rapport met en lumière la complexité du phénomène : si certains déterminants classiques sont bien identifiés, l’augmentation récente de la mortalité périnatale semble résulter d’un faisceau de facteurs imbriqués — cliniques, sociaux et structurels — qui nécessitent des études complémentaires et des réponses coordonnées entre acteurs de la santé et décideurs publics.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. Le chiffre et les analyses proviennent de la Drees (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), le service statistique des ministères sociaux. En tant qu’administration publique chargée des statistiques de santé et du social, la Drees est une source officielle et généralement considérée comme fiable pour ce type de données : ses publications s’appuient sur des bases administratives et hospitalières exhaustives, et ses méthodes sont documentées. Toutefois, quelques précautions s’imposent :

  2. – Les estimations reposent sur des données hospitalières ; les différences de déclaration ou de couverture peuvent affecter les comparaisons territoriales si les pratiques locales divergent.

  3. – La Drees elle‑même note que les facteurs identifiés n’expliquent que partiellement l’évolution depuis 2014, ce qui signifie que des analyses complémentaires et des jeux de données additionnels (par exemple sur l’accès aux soins, l’environnement socio‑économique détaillé, ou des enquêtes démographiques) seraient utiles pour approfondir la compréhension des causes.

  4. En résumé, la source est crédible pour rendre compte d’un constat statistique national et de tendances générales ; les conclusions causales restent, quant à elles, à consolider par des études ciblées.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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