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Le référent à l’intégrité scientifique de Santé publique France démissionne après la révélation de liens financiers non déclarés avec Pfizer

Liens Pfizer non déclarés : Hervé Maisonneuve quitte Santé publique France. L’agence va revoir ses procédures de transparence.

Le référent à l’intégrité scientifique de Santé publique France, le docteur Hervé Maisonneuve, a démissionné de ses fonctions après avoir été mis en cause pour ne pas avoir déclaré des liens financiers avec le laboratoire Pfizer. Santé publique France a accepté cette démission le jeudi 24 septembre 2026, estimant que les conditions n’étaient plus réunies pour qu’il poursuive sa mission.

Des rémunérations non mentionnées dans les déclarations

Hervé Maisonneuve avait été nommé à ce poste à la fin du mois de mars 2026, pour une durée prévue de trois ans. Le référent à l’intégrité scientifique est notamment chargé de prévenir et de traiter les éventuels manquements à l’intégrité scientifique au sein de l’agence. Il doit également contribuer à la transparence des pratiques d’expertise et de recherche.

Selon les informations révélées par Le Monde, le médecin n’avait pas fait apparaître, dans ses déclarations officielles d’intérêts ni sur son blog personnel, des versements effectués par Pfizer à sa société de conseil et de formation en rédaction scientifique. Le montant évoqué dépasse 100 000 euros sur la période comprise entre 2021 et 2023.

Ces paiements auraient été versés à la société dirigée par Hervé Maisonneuve dans le cadre de prestations professionnelles. L’article d’origine ne permet toutefois pas de déterminer précisément la nature de chacune de ces missions ni de savoir si elles concernaient directement des travaux liés à Santé publique France. Le point établi est l’absence de déclaration ou, à tout le moins, l’insuffisance des informations rendues publiques au moment de sa nomination.

Interrogé par l’Agence France-Presse, le médecin a reconnu avoir oublié de mentionner ces éléments. Il a indiqué qu’il était en train d’actualiser ses déclarations afin de préciser notamment la liste des clients de sa société. Il a également annoncé préparer une réponse détaillée pour expliquer la situation.

La ministre demande des mesures à Santé publique France

Dans un courrier daté du 24 septembre 2026, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a estimé que cette situation était susceptible de porter atteinte à l’exercice des fonctions de référent à l’intégrité scientifique. Elle a demandé à Etienne Pot, directeur général par intérim de Santé publique France, de prendre toutes les mesures nécessaires pour tirer les conséquences de cette affaire.

La ministre a également insisté sur les exigences particulières attachées à cette fonction : transparence, déontologie et exemplarité dans le respect des obligations relatives aux liens d’intérêts. Le départ d’Hervé Maisonneuve intervient donc moins de six mois après sa nomination, dans un contexte où la crédibilité de l’agence et la confiance accordée à ses experts sont directement en jeu.

Au-delà du cas individuel, Stéphanie Rist souhaite qu’une analyse approfondie soit menée sur les procédures appliquées par Santé publique France en matière de déclaration, de contrôle et de gestion des liens et conflits d’intérêts. Cette vérification devrait notamment concerner les personnes exerçant des missions d’expertise, de conseil ou des responsabilités scientifiques au sein de l’agence.

Des sources de nature différente, mais globalement solides

Les informations rapportées reposent principalement sur trois types de sources. Le Monde est à l’origine des révélations et affirme avoir consulté des documents relatifs aux déclarations d’intérêts. L’Agence France-Presse rapporte, de son côté, les déclarations du médecin ainsi que la confirmation de Santé publique France. Ces deux médias constituent des sources journalistiques reconnues, mais leurs articles doivent être distingués des documents officiels auxquels ils font référence.

La source la plus directement probante concernant la démission est Santé publique France, l’organisme employeur, qui confirme l’acceptation du départ et justifie sa décision par la perte des conditions nécessaires à l’exercice de la fonction. Le courrier de la ministre, consulté par l’AFP, apporte un autre élément officiel en attestant la demande de mesures adressée à la direction de l’agence.

En revanche, le montant exact des versements et le détail des prestations doivent être considérés avec prudence tant que l’ensemble des déclarations et des documents financiers n’est pas rendu public. À ce stade, les faits établis sont l’existence de paiements de Pfizer à la société du médecin, leur omission dans les déclarations mentionnées par les médias, la reconnaissance d’un oubli par l’intéressé et sa démission acceptée par Santé publique France. Rien dans les éléments disponibles ne permet, à lui seul, de conclure à une faute scientifique ou à une influence effective sur les décisions de l’agence.

La rédaction de Commons

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