Michèle Barzach est morte à 83 ans : son rôle dans la lutte contre le sida et son parcours à la tête d’Unicef France
Michèle Barzach, ancienne ministre de la Santé, est morte à 83 ans. Découvrez son rôle dans la lutte contre le sida et son parcours à Unicef France.
L’ancienne ministre de la Santé et de la Famille Michèle Barzach est morte lundi 26 octobre 2026, à l’âge de 83 ans, a annoncé sa fille à l’Agence France-Presse. Gynécologue de formation, elle avait exercé ses fonctions gouvernementales de 1986 à 1988, lorsque Jacques Chirac était Premier ministre de François Mitterrand. Son parcours avait ensuite été marqué par la présidence d’Unicef France, de 2012 à 2015.
Son passage au ministère reste notamment associé aux premières politiques publiques de lutte contre le sida. Parmi les décisions prises à cette époque, l’autorisation de la vente libre de seringues, en mai 1987, occupe une place particulière dans l’histoire de la prévention en France. Sidaction la présente comme un acte fondateur de la politique de réduction des risques.
Une décision marquante dans la lutte contre le sida
À la tête du ministère de la Santé et de la Famille pendant deux ans, Michèle Barzach avait participé à la mise en place d’une réponse publique à l’épidémie. La mesure concernant les seringues constitue l’un des exemples les plus précisément documentés de cette action : elle a été adoptée en mai 1987, alors qu’elle appartenait au gouvernement dirigé par Jacques Chirac.
Dans un article publié en 2021, Sidaction replace cette décision dans une évolution plus longue des politiques concernant les personnes qui consomment des drogues. L’organisation y rappelle que l’épidémie de sida a conduit les autorités à dépasser une approche exclusivement répressive pour développer une politique de prévention et de réduction des risques. La vente libre des seringues apparaît ainsi comme une étape importante de ce changement.
Cette évolution ne s’est pas limitée au mandat de Michèle Barzach. Sidaction souligne que la politique de réduction des risques a ensuite été inscrite dans la loi en 2004, avec la création des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues. Il convient donc de distinguer la décision prise sous son autorité en 1987 de la reconnaissance législative intervenue bien plus tard.
De la santé publique à la présidence d’Unicef France
Après son passage au gouvernement, Michèle Barzach a également occupé la présidence d’Unicef France entre 2012 et 2015. Cette période de trois ans est confirmée par les publications de l’association consacrées à sa succession. Elle constitue un autre volet de son parcours public, distinct de ses responsabilités ministérielles exercées près d’un quart de siècle auparavant.
Pour établir la chronologie de cette présidence, les communications d’Unicef France constituent une source directe : l’association rend compte elle-même du mandat de sa présidente et de son terme. Elles permettent de confirmer cette fonction, sans pour autant suffire à dresser, à elles seules, un bilan indépendant de l’ensemble de son action.
Une audition dans l’enquête visant Gabriel Matzneff
En mars 2020, Michèle Barzach avait été entendue par les enquêteurs chargés des investigations visant l’écrivain Gabriel Matzneff. Son nom avait été évoqué par Francesca Gee, qui avait entretenu une relation avec lui lorsqu’elle était adolescente. L’audition de l’ancienne ministre a notamment été rapportée par Le Monde dans un article consacré à cette enquête.
Dans un entretien au New York Times, dont les propos ont été relayés par l’AFP, Francesca Gee affirmait avoir consulté la gynécologue une demi-douzaine de fois alors qu’elle était mineure, toujours accompagnée de Gabriel Matzneff, notamment pour obtenir une prescription de pilule contraceptive. Ces déclarations doivent rester explicitement attribuées à leur auteure : leur publication et l’existence d’une audition ne constituent pas, en elles-mêmes, une conclusion judiciaire.
Des sources à distinguer selon les informations rapportées
L’annonce du décès repose sur une déclaration familiale recueillie par l’AFP, ce qui fournit une attribution directe à cette information. Pour l’action contre le sida, Sidaction apporte un éclairage spécialisé, mais aussi celui d’une organisation engagée dans la prévention. Enfin, concernant l’affaire Matzneff, il faut distinguer le témoignage personnel de Francesca Gee des informations journalistiques relatives à l’audition de Michèle Barzach. Cette distinction permet de restituer les faits sans transformer des déclarations rapportées en faits judiciairement établis.