À Lourdes, les victimes de violences sexuelles saluent l’écoute de Léon XIV mais réclament désormais des actes concrets de l’Église
À Lourdes, les victimes de violences sexuelles ont témoigné après leur rencontre avec Léon XIV et attendent désormais des actes concrets.
Un échange à huis clos, au-delà du temps prévu
Les sept victimes de violences sexuelles commises au sein de l’Église qui ont rencontré Léon XIV à Lourdes ont décrit un échange marqué par l’écoute du souverain pontife. Organisée le dimanche 27 septembre, cette rencontre privée s’est déroulée sans caméras ni micros, dans un cadre volontairement confidentiel. Prévue pour durer environ une heure, elle s’est finalement prolongée pendant près de deux heures.
Le rendez-vous s’est articulé autour de deux temps. Chaque victime a d’abord pu s’entretenir individuellement avec le pape pendant une quinzaine de minutes. Un échange collectif a ensuite réuni les participants. Ce format devait permettre à chacun de raconter son histoire personnelle, tout en donnant une dimension plus globale à la discussion sur les violences sexuelles et leurs conséquences au sein de l’institution catholique.
À l’issue de la rencontre, Olivier Mardi, cofondateur d’un collectif de victimes en Touraine, a salué la qualité de l’écoute du pape. « On a senti un pape authentiquement à l’écoute », a-t-il déclaré, estimant avoir rarement rencontré une personne faisant preuve d’une « écoute aussi profonde ». Son témoignage traduit le sentiment d’avoir été entendu, mais aussi l’importance symbolique d’un échange direct avec le chef de l’Église catholique.
Des attentes fortes derrière les témoignages
Olivier Mardi a également décrit Léon XIV comme « un homme engagé et décidé ». Selon lui, le souverain pontife aurait conscience de l’ampleur du travail à accomplir et du temps nécessaire pour transformer durablement l’Église. « Ce changement et cette transformation vont prendre du temps », a-t-il rapporté.
Cette appréciation ne signifie toutefois pas que les victimes considèrent la situation réglée. Olivier Mardi a insisté sur la nécessité de rester vigilant. À ses yeux, Léon XIV n’est pas « dupe » : il sait que de nouveaux faits de violences sexuelles peuvent encore être révélés et que la prévention, la reconnaissance des victimes et la lutte contre les mécanismes de protection des agresseurs doivent rester des priorités.
La rencontre intervient dans un contexte où les victimes demandent depuis plusieurs années une réponse plus ferme de l’Église. Au-delà des paroles prononcées lors d’un entretien, elles attendent des actes concrets : une meilleure prise en charge, une transparence accrue, la reconnaissance des responsabilités institutionnelles et une coopération pleine avec la justice civile. L’accueil réservé au pape à Lourdes ne constitue donc pas un aboutissement, mais plutôt une étape dans un processus appelé à se poursuivre.
Jean-Marie Delbos, victime de violences sexuelles à l’école Notre-Dame de Bétharram, a lui aussi évoqué un « moment extraordinaire ». Il a expliqué avoir perdu la foi après les sévices subis durant sa jeunesse. Selon son témoignage, cette rencontre lui a néanmoins apporté « une nouvelle vision de ce qu’est l’Église et le pape » et l’a profondément « secoué ».
Cette réaction souligne la portée personnelle de l’échange. Pour certaines victimes, être reçu par le pape ne peut effacer les violences ni les années de silence, de souffrance et de démarches. Mais le fait d’être écouté directement par le plus haut responsable de l’Église peut représenter une forme de reconnaissance longtemps attendue.
Une source à lire avec prudence
Les informations rapportées reposent principalement sur les déclarations publiques d’Olivier Mardi et de Jean-Marie Delbos. Ces témoignages constituent des sources directes et pertinentes pour rendre compte de leur ressenti, de la tonalité de la rencontre et de l’impact personnel de celle-ci. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de vérifier l’ensemble des éléments matériels de l’événement.
La durée de près de deux heures, le déroulement précis des entretiens et le contenu des échanges devraient idéalement être confirmés par un communiqué officiel ou par plusieurs médias indépendants. L’absence de captation audiovisuelle, liée au caractère privé du rendez-vous, limite par ailleurs la possibilité d’une vérification publique. Le texte d’origine ne mentionne pas explicitement les documents ou les journalistes à l’origine de ces informations : sa fiabilité est donc bonne pour restituer les propos attribués aux victimes, mais plus limitée pour établir de manière exhaustive le contenu de la rencontre.
Une certitude demeure : à Lourdes, les victimes ont obtenu un temps de parole direct avec Léon XIV. Reste désormais à mesurer les effets concrets de cette écoute sur les décisions et les pratiques de l’Église.