Après le suicide d'Evaëlle en 2019 la cour d'appel de Versailles condamne une ancienne professeure à un an de prison avec sursis et prononce une interdiction définitive d'exercer pour harcèlement scolaire
La cour d'appel confirme la condamnation et l'interdiction d'exercer. Retour sur l'affaire et les éléments retenus du harcèlement scolaire.
Une condamnation en appel après la relaxe en première instance
La cour d’appel de Versailles a condamné, en appel, l’ancienne professeure de français d’Evaëlle à un an d’emprisonnement avec sursis pour harcèlement scolaire. La peine est assortie d’une interdiction définitive d’exercer les fonctions d’enseignante au sein de l’Éducation nationale, indique le communiqué rendu public par la cour. La juridiction a estimé que « tant les faits matériels que l’élément intentionnel de l’infraction étaient caractérisés ».
Cette décision intervient après une première audience en avril 2025 au cours de laquelle l’enseignante, aujourd’hui retraitée et âgée de 63 ans, avait été relaxée. La relaxe avait provoqué l’indignation et le désespoir des parents d’Evaëlle, qui avaient déposé plainte pour harcèlement sur mineur et suivi la procédure jusqu’en appel.
Les éléments retenus par l’accusation et la défense
Lors du second procès, le parquet général avait requis 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de l’enseignante, soutenant que son comportement constituait du harcèlement moral à l’encontre d’une collégienne « tout juste sortie du primaire ». Dans son réquisitoire, l’avocate générale a dénoncé des pratiques qu’elle a décrites comme une « ligne rouge » franchie par l’enseignante : humiliations, rabaissements et stigmatisation ciblant certains élèves « choisis avec soin ». Selon l’accusation, cette attitude « intrinsèquement inadaptée » a contribué à la dégradation de l’état psychologique d’Evaëlle.
La défense, telle qu’exposée lors du premier procès et implicitement en appel, avait précédemment obtenu la relaxe, ce qui montre qu’il existait des divergences d’appréciation sur l’interprétation des faits et sur la qualification pénale du comportement reproché. Le dossier met en lumière la difficulté, pour les juridictions, de trancher entre comportements professionnels maladaptés et harcèlement au sens pénal du terme.
Les faits reprochés prennent place dans le collège Isabelle-Autissier, à Herblay (Val-d’Oise), où Evaëlle était scolarisée. La collégienne, décédée par suicide en juin 2019 à l’âge de 11 ans, était décrite dans les éléments du dossier comme « précoce », « atypique » et éprouvant des difficultés à « entrer dans le moule ». Elle subissait des moqueries et des agressions répétées de la part de certains camarades, parfois violents, et entretenait des relations tendues avec sa professeure de français.
Les parents, qui avaient porté plainte après le drame, ont toujours soutenu que l’ensemble des comportements subis par leur fille — élèves et enseignante confondus — avait contribué à son état de vulnérabilité et à l’issue tragique.
Relevé · Fiabilité des sources citées
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Les principales mentions de l’article d’origine renvoient à un communiqué de la cour d’appel de Versailles, aux réquisitions du parquet général et aux déclarations de l’avocate générale. Ces sources officielles — décisions judiciaires et réquisitoires — sont généralement de haute fiabilité pour rendre compte des suites pénales et des motifs retenus par une juridiction, dès lors qu’elles sont reproduites fidèlement.
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