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Arcom met en demeure CNews pour deux séquences jugées susceptibles d'encourager la discrimination envers des personnes en raison de leur origine ou religion et réclame des mesures correctrices avant sanctions, 7e mise en demeure depuis 2017

L'Arcom met en demeure CNews pour deux séquences 2025 jugées susceptibles d'encourager la discrimination. La chaîne doit prendre des mesures correctrices.

Les faits et la décision de l’Arcom

L’Arcom, le régulateur français de l’audiovisuel, a adressé une mise en demeure à CNews en fin d’année 2025, décision publiée au Journal officiel le 30 décembre. L’autorité reproche à la chaîne, première chaîne d’information de l’année, des propos tenus au cours de deux émissions diffusées en 2025, susceptibles d’encourager la discrimination à l’égard de personnes en raison de leur origine ou de leur religion.

La première séquence visée remonte au 29 janvier, lors de « La grande interview » : Marie-Hélène Thoraval, maire de Romans-sur-Isère, y a assimilé certaines attaques au couteau à un « caractère culturel », en ciblant des personnes « n’étant pas Français de souche » et en établissant un lien avec « l’islam ». Pour l’Arcom, ces propos constituent « une telle stigmatisation » et n’ont pas été contestés de manière suffisante par l’animatrice Sonia Mabrouk, ce qui les rend « de nature à encourager des comportements discriminatoires ».

La deuxième séquence se situe le 20 mars dans l’émission « Morandini Live », où le journaliste Jordan Florentin, du média Frontières, a présenté les personnes immigrées comme des « masses » incapables de s’acclimater aux « valeurs, mœurs et culture » françaises et évoqué un « grand remplacement ». L’Arcom estime que ces formulations véhiculent des stéréotypes « particulièrement infamants » à l’égard des personnes immigrées et peuvent, elles aussi, encourager la discrimination.

Dans les deux cas, le régulateur note que les contradictions apportées en plateau n’ont pas été jugées suffisantes et qu’un parti pris favorable aux auteurs de ces propos a parfois été affiché par les présentateurs. Contactée par l’AFP, CNews n’a pas réagi immédiatement à cette mise en demeure.

Cadre réglementaire et conséquences possibles

L’Arcom dispose d’une échelle d’intervention graduée : observation, mise en garde, rappel à l’ordre, mise en demeure, puis sanctions financières en cas de récidive ou de manquement grave. La mise en demeure notifiée à CNews est la seconde étape formelle avant la sanction pécuniaire et marque la volonté du régulateur d’obtenir une correction tangible des pratiques éditoriales mises en cause.

Selon la décision publiée et les communications de l’Arcom, il s’agit de la septième mise en demeure adressée à CNews depuis 2017 ; la chaîne a en outre été rappelée à l’ordre par le régulateur environ une cinquantaine de fois durant la même période. Ces chiffres figurent dans le registre des interventions de l’Arcom et illustrent la répétition des interventions du régulateur à l’encontre d’un acteur médiatique majeur.

Au-delà de la sanction, la question est politique et éditoriale : comment concilier la liberté d’expression et la protection des individus contre des discours qui stigmatisent ou incitent à la discrimination ? Pour l’Arcom, la responsabilité des diffuseurs consiste à encadrer les débats, vérifier les assertions et recadrer immédiatement les propos susceptibles de porter atteinte aux droits fondamentaux.

Concrètement, une mise en demeure impose des mesures correctrices et prépare le terrain à une sanction si des atteintes similaires se reproduisent. Les chaînes concernées peuvent contester la décision devant les juridictions compétentes, ce qui prolonge souvent les procédures et ouvre un débat public sur l’application des règles audiovisuelles.

Contexte et enjeux pour l’information

CNews occupe une place importante dans le paysage médiatique français et attire une large audience. Les dysfonctionnements pointés par l’Arcom interrogent non seulement les pratiques d’une chaîne en particulier, mais aussi la façon dont les chaînes d’info en continu organisent la confrontation des points de vue, vérifient les sources et protègent les personnes visées par certains discours.

La décision intervient dans un contexte de polarisation des débats sur l’immigration et l’islam en France et sur la responsabilité des médias dans la diffusion de stéréotypes. Elle rappelle que, même sur des antennes publiques ou privées, l’exercice libre du débat s’accompagne d’obligations définies par la loi et les régulateurs.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. L’article original s’appuie principalement sur la décision de l’Arcom publiée au Journal officiel et sur un contact avec l’AFP. Ces deux sources sont, pour des finalités d’information factuelle, de haute fiabilité : la publication au Journal officiel constitue un document administratif officiel et l’AFP est une agence de presse reconnue pour ses standards de vérification.

  2. Les propos cités — ceux de Marie-Hélène Thoraval et de Jordan Florentin — relèvent de sources primaires (déclarations publiques faites à l’antenne) et sont valides comme éléments factuels. Leur interprétation et leur qualification (« stigmatisation », « infamants », « de nature à encourager la discrimination ») relèvent de l’appréciation de l’Arcom, autorité publique compétente pour ce type d’évaluation.

  3. Il convient aussi de noter des limites : les extraits rapportés correspondent à des passages précis d’émissions plus longues, et l’argumentation de la défense de la chaîne, des animateurs ou des invités n’est pas développée dans l’article initial. Enfin, une coquille (« Nnews ») apparaît dans le texte original ; elle a été corrigée ici pour refléter la chaîne concernée, CNews.

  4. En conclusion, la mise en demeure s’appuie sur des documents officiels et des enregistrements d’antenne : les éléments factuels sont solides, tandis que l’interprétation juridique et morale des propos relève d’une autorité administrative dont l’expertise et la légitimité sont établies, mais qui peut être contestée juridiquement par la chaîne.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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