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Chiffres inquiétants sur les suites données aux signalements de violences sexuelles

Une étude révèle un taux élevé de classement sans suite des plaintes pour violences sexuelles et conjugales en France

Alors que les plaintes pour violences sexuelles et conjugales sont en constante augmentation en France, une étude publiée par l’Institut des politiques publiques (IPP) le 3 avril met en lumière un problème majeur : l’écrasante majorité de ces signalements sont classés sans suite, faute de preuves. Entre 2012 et 2021, le taux de classement sans suite concerne 86% des plaintes pour violences sexuelles et 72% pour violences conjugales. Ces chiffres, alarmants, soulignent les défis auxquels sont confrontées les victimes dans l’accès à la justice.

Cette situation s’explique en grande partie par le fait que ces plaintes sont considérées comme « non poursuivables », notamment car l’infraction est jugée « insuffisamment caractérisée ». Selon Maëlle Stricot, autrice de l’étude, cette décision de classement concerne plus de la moitié des affaires de viol reçues par les parquets. L’étude révèle également que seuls 14% des suspects impliqués dans des affaires de violences sexuelles sont effectivement jugés, parmi lesquels 13% sont reconnus coupables. Pour les violences conjugales, ces pourcentages atteignent respectivement 27% et 13%.

Ces faibles taux de poursuite et de condamnation s’expliquent en partie par une hausse significative des signalements depuis le mouvement #MeToo, incluant des incidents plus anciens qui sont souvent plus difficiles à prouver et donc à poursuivre. Un autre facteur clé identifié par l’étude est le manque de moyens financiers et humains alloués à la justice, malgré une augmentation du nombre d’affaires traitées.

Des peines variables selon la nature des infractions

Par ailleurs, l’étude met en lumière une plus grande sévérité dans la réponse pénale, notamment à travers des procédures rapides comme les comparutions immédiates. Pour les affaires de harcèlement sexuel, les peines prononcées varient en fonction de la nature des infractions : 19,6 mois en moyenne pour les violences sexuelles, 6,6 mois pour les violences conjugales et 7,7 pour les autres atteintes à la personne. Ces chiffres reflètent la diversité des situations et la complexité des enjeux liés aux violences domestiques et sexuelles.

En conclusion, l’étude de l’IPP soulève des questions cruciales sur le traitement judiciaire des violences sexuelles et conjugales en France. Les chiffres alarmants de classement sans suite mettent en lumière les obstacles persistants rencontrés par les victimes pour accéder à la justice. Il apparaît crucial de renforcer les moyens alloués à la lutte contre ces violences, tout en maintenant une réponse pénale adaptée et équitable pour garantir la protection des victimes et la condamnation des auteurs de ces actes répréhensibles.

La rédaction de Commons

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