Emmanuel Macron annonce des mesures pour réguler l'exposition des enfants aux écrans
Emmanuel Macron appelle à reprendre « le contrôle de nos écrans ». Parmi ses annonces sur l’éducation, mardi 16 janvier, le chef de l’Etat a appelé à réguler l’usage des écrans par les enfants. « On a laissé beaucoup de familles sans mode d’emploi. (…) Il faut qu’on ait un consensus scientifique, que les scientifiques commencent à nous donner un plan et qu’on éclaire un débat public, qui viendra ensuite », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse.
Le président a réuni la semaine dernière une commission des experts, dont les travaux doivent être rendus « fin mars ». Sur la base de leurs recommandations, « il y aura peut-être des interdictions, il y aura peut-être des restrictions » et « peut être aussi des restrictions sur les contenus », a-t-il avancé.
Le chef de l’Etat s’est dit désireux que « les meilleurs scientifiques, (…) à la fois des épidémiologistes, des cliniciens, des sociologues, toutes les disciplines, puissent nous dire : avant tel âge, ça n’est pas raisonnable de mettre un écran devant un enfant ». Pour rappel, le Haut Conseil de la santé publique recommande de proscrire les écrans avant l’âge de 3 ans, « si les conditions d’une interaction parentale ne sont pas réunies ».
Une enquête publiée en avril par Santé publique France révèle pour sa part que les enfants de 2 ans passent en moyenne près d’une heure par jour devant un écran. Gabriel Attal s’est de son côté récemment alarmé qu' »un enfant de moins de 6 ans passe en moyenne 830 heures par an devant un écran ».
Le sujet de l’exposition aux écrans « est très important pour la solidité de nos démocraties parce que si on a des adolescents et des futurs citoyens dont le rapport à la vérité a été mal bâti, en tout cas construit sur des réseaux sociaux où la différence entre la vérité et la contre-vérité n’était pas claire, bonjour la génération des complotistes », a encore déclaré M. Macron. Il a également de nouveau fustigé « le rôle très important des écrans » et des réseaux sociaux lors des émeutes, survenues après la mort du jeune Nahel tué par un policier en juin. « Il y a eu une forme de mimétisme qui a conduit à un embrasement complètement déraisonné », selon lui.