La Géorgie restreint les droits des personnes LGBT+
Une loi homophobe promulguée en Géorgie malgré l’opposition de la présidente
L’opposition de la présidente de la République géorgienne, Salomé Zourabichvili, n’a pas suffi à empêcher la promulgation d’une loi jugée homophobe par de nombreux observateurs. En effet, le président du Parlement géorgien, Chalva Papouachvili, a contourné le refus de la cheffe de l’État de signer un texte restreignant les droits des personnes LGBT+ en annonçant sur Facebook qu’il avait apposé sa signature sur la loi controversée sur les valeurs familiales et la protection des mineurs.
Cette action pose la question des limites des pouvoirs de la présidence en Géorgie, où le Parlement détient des prérogatives étendues, notamment la possibilité de signer les lois votées. Cette loi fait suite à un autre texte, adopté en juin par le gouvernement géorgien, sur « l’influence étrangère », qui avait déjà été critiqué pour ses aspects restrictifs par l’Union européenne et diverses organisations non gouvernementales.
Des mesures discriminatoires et rétrogrades critiquées par l’Union européenne
La nouvelle loi en Géorgie présente des similitudes frappantes avec une législation en vigueur en Russie depuis décembre 2023. En effet, elle interdit notamment « la propagande des relations homosexuelles et de l’inceste » dans les écoles et à la télévision, restreint les rassemblements et manifestations, interdit la réassignation de genre, l’adoption par les couples de même sexe ainsi que par les personnes transgenres, et annule les mariages entre citoyens géorgiens de même sexe célébrés à l’étranger.
Ces mesures ont suscité une vague de critiques, tant en Géorgie qu’à l’étranger. Des groupes de défense des droits de l’homme dénoncent une formulation de la loi assimilant l’inceste à l’homosexualité, ce qui contribue à stigmatiser et discriminer une partie de la population du pays. L’Union européenne s’est exprimée dès le début du mois de septembre pour condamner cette législation, estimant qu’elle portait atteinte aux droits fondamentaux des Géorgiens et risquait de renforcer la stigmatisation et la discrimination.
La promulgation de cette loi intervient dans un contexte politique tendu en Géorgie, à l’approche d’élections législatives cruciales prévues pour le 26 octobre. Le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, dirigé par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, a adopté le texte en septembre lors d’un vote contesté par l’opposition, alimentant ainsi les tensions au sein du pays.
En conclusion, la promulgation de cette loi homophobe en Géorgie soulève des questions quant au respect des droits de l’homme et des valeurs démocratiques dans le pays. Les critiques fusent tant au niveau national qu’international, et l’impact de cette législation sur la société géorgienne, ainsi que sur les relations du pays avec l’Union européenne, reste à observer avec attention.