Le voile freine l'accès à l'apprentissage en entreprise, révèle une étude universitaire
Une étude révèle l’impact du port du voile sur les chances d’entretien en France
Un récent rapport universitaire publié par des chercheurs du CNRS et une data analyste affiliée à l’Observatoire national des discriminations et de l’égalité dans l’enseignement supérieur révèle des conclusions alarmantes sur les conséquences du port du voile sur les chances de décrocher un entretien en France. L’étude, présentée par l’université Gustave-Eiffel, visait à évaluer les « pénalités associées au port d’un voile musulman sur le marché du travail français ».
L’enquête, menée entre le 21 mars et le 1er avril 2024, a consisté à envoyer des CV de jeunes femmes – voilées et non voilées – à 2 000 entreprises parisiennes sélectionnées au hasard. Les profils des candidates fictives, nées en 2005 et étudiantes en première année de BTS « Comptabilité et gestion », ont été créés en se basant sur des critères identiques, à l’exception du port du voile. Les noms et prénoms des candidates, français ou d’origine maghrébine, ont été choisis dans la base de données de l’Insee.
Les résultats de l’étude ont révélé que le port du voile réduisait de manière significative les chances d’obtenir une réponse positive après une candidature spontanée. En effet, le fait de porter un voile augmentait de 25% la part des réponses négatives, diminuait de plus de 30% la part des réponses neutres et réduisait de plus de 80% les chances de recevoir une réponse positive de la part des recruteurs.
Des conséquences similaires pour les candidates d’origines différentes
Les chercheurs ont également examiné l’impact du port du voile sur les chances d’obtenir un entretien en fonction de l’origine des candidates. Les résultats ont montré que les femmes voilées, qu’elles soient d’origine française ou maghrébine, étaient confrontées à des obstacles similaires. En effet, les candidates d’origine française ont vu leurs chances de décrocher un entretien diminuer de 81,4%, tandis que celles d’origine maghrébine ont enregistré une baisse de 84,9%.
Les conclusions de cette étude soulignent l’importance des discriminations liées au port du voile dans le processus de recrutement en France. Alors que le port du voile n’est pas légalement interdit dans le secteur privé, les données de cette étude mettent en lumière les préjugés et les obstacles auxquels sont confrontées les femmes voilées sur le marché du travail.
En effet, les chercheurs soulignent que l’apprentissage représente l’une des voies privilégiées pour accéder à l’emploi, et que les discriminations observées dans cette étude pourraient avoir des répercussions majeures sur l’inclusion et l’égalité des chances dans le monde du travail en France.