l'Intérieur, Gérald Darmanin, et la ministre déléguée chargée de la Cohésion des territoires, Marie Guévenoux, se rendent à Mayotte
Un déplacement au chevet d’une société en colère
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et la toute nouvelle ministre déléguée chargée des Outre-mer, Marie Guévenoux, se rendent à Mayotte, dimanche 11 février, afin de préparer une nouvelle opération « contre la délinquance et l’immigration illégale », Wuambushu 2.
La difficulté à enrayer ces deux phénomènes a vu naître un mouvement de contestation qui, pour exprimer sa colère, dresse des barrages routiers partout dans l’archipel. Des actions qui compliquent l’activité économique et font peser de forts risques de pénuries dans les supermarchés du territoire. Franceinfo fait le point sur cette situation complexe et explosive.
Mayotte, département français situé dans l’océan Indien, est en partie paralysé depuis le 22 janvier. Les actions menées par les Forces vives de Mayotte, un collectif qui proteste « contre l’insécurité et l’immigration » sur ce territoire, ont conduit à la mise en place de barrages routiers et à des manifestations massives.
Les membres du collectif dénoncent notamment les résultats décevants de l’opération Wuambushu, lancée l’année dernière par Gérald Darmanin pour lutter contre la délinquance et l’immigration illégale. Selon eux, cette opération a été un échec et a exacerbé les problèmes existants.
Le mouvement de contestation a également élargi ses revendications, demandant la fin de « mesures législatives d’exception » qui, selon les manifestants, consacrent l’inégalité de Mayotte avec le reste de la France.
Depuis le début des manifestations, les Forces vives de Mayotte ont bloqué de nombreux axes routiers à l’aide de bennes à ordures et de pneus. Les barrages routiers ont été levés par les gendarmes le 27 janvier, mais ont rapidement été réinstallés deux jours plus tard.
Au-delà de la paralysie économique et de la perturbation de la vie quotidienne, ces actions font peser de sérieux risques de pénuries dans les supermarchés du territoire. En effet, les contestataires bloquent également le port de Longoni, principale porte d’accès des produits et denrées alimentaires à Mayotte. Les rayons des supermarchés se vident donc rapidement, mettant en danger l’approvisionnement de la population.
La situation à Mayotte est critique, avec des conséquences dévastatrices sur l’économie locale et la société en général. Les hôtels enregistrent des désistements, les restaurants ont vu leurs réservations diminuer et les services publics, tels que La Poste et l’Éducation nationale, fonctionnent au ralenti en raison des barrages routiers.
De plus, la tension sociale est exacerbée par la présence d’éléments criminels qui profitent de la situation pour semer la violence. Les bandes criminelles montent également des barrages, ce qui rend la situation encore plus explosive.
Ces blocages surviennent dans un contexte migratoire déjà tendu à Mayotte. Le camp de demandeurs d’asile africains installé dans le quartier de Cavani, à Mamoudzou, est en cours de démantèlement, ce qui crée des tensions suppl