Nouvelle estimation du harcèlement scolaire en 2025 par la Depp entre 2 et 4 % selon les niveaux scolaires explications méthodologiques et comparaison critique avec d'autres études
Découvrez les chiffres Depp sur le harcèlement scolaire 2025, l'impact du changement d'anonymat et la comparaison avec d'autres études. Analyse complète
Le service statistique du ministère de l’Éducation nationale (Depp) publie une nouvelle estimation du harcèlement scolaire : selon son étude dévoilée le mardi 9 juin, entre 2 % et 4 % des élèves se déclarent en situation de harcèlement, selon les niveaux scolaires. Ces résultats proviennent d’un questionnaire d’auto‑évaluation proposé aux élèves du CE2 à la terminale lors de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, organisée en novembre 2025.
Méthode et portée de l’enquête
La Depp définit la situation de harcèlement comme le fait de « subir de manière répétée des atteintes de leurs pairs » et d’« exprimer une perception négative d’aspects liés à la vie scolaire ». Sur la base des réponses reçues, l’étude relève environ 3 % d’élèves concernés en école primaire, 4 % au collège et 2 % au lycée.
Le dispositif a toutefois été modifié : pour la première fois, les élèves pouvaient, sur la base du volontariat, indiquer leur nom et prénom en répondant au questionnaire. La Depp indique explicitement que ce changement de protocole rend les résultats non comparables avec les éditions 2023 et 2024, et qu’il pourrait avoir influencé le comportement des répondants. La direction note que la baisse uniforme observée (de 1 à 2 points par rapport à 2024) peut être liée à cette possibilité d’identification.
Au total, 678 établissements ont transmis des grilles et 33 240 questionnaires ont été exploités, puis retraités pour produire des échantillons représentatifs. La Depp publie les chiffres agrégés mais invite à la prudence lorsque l’on cherche à interpréter des évolutions temporelles, en raison du changement de protocole.
Résultats détaillés et populations à surveiller
Outre les taux globaux, l’étude met en lumière des disparités. Les garçons et les filles sont, globalement, affectés de manière similaire par le harcèlement scolaire. En revanche, des écarts marqués apparaissent selon les filières au lycée : la proportion d’élèves en situation de harcèlement en deuxième et troisième années de CAP peut atteindre des niveaux jusqu’à huit fois supérieurs à ceux observés dans d’autres filières de l’enseignement secondaire.
La Depp signale également des situations « à surveiller » : des proportions plus élevées d’élèves se situent dans des niveaux intermédiaires de dégradation de la vie scolaire — 13 % en primaire, 6 % au collège et 5 % au lycée — ce qui traduit des tensions ou des difficultés scolaires pouvant précéder ou accompagner des phénomènes de harcèlement.
La note méthodologique et la précision des définitions sont importantes pour interpréter ces résultats : il s’agit d’auto‑évaluations réalisées au sein des établissements et non d’observations externes ou d’enquêtes cliniques. La Depp le rappelle et recommande la prudence pour toute comparaison avec études antérieures ou externes.
Par ailleurs, la Depp souligne que ses estimations restent inférieures à celles publiées par d’autres organismes et associations, ce qui appelle à une mise en perspective des méthodes.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
-
Plusieurs études citées en parallèle par la Depp et la presse montrent des ordres de grandeur différents. En janvier, Santé publique France estimait que plus de 16 % des enfants âgés de 6 à 11 ans sont probablement victimes de harcèlement scolaire. En octobre de l’année précédente, l’association e‑Enfance rapportait que 35 % des jeunes seraient touchés dès l’école primaire.
-
Ces écarts tiennent en grande partie aux méthodes : la Depp s’appuie sur un questionnaire distribué et renseigné en milieu scolaire le jour de la campagne nationale, avec un changement explicite du protocole d’anonymat en 2025 ; Santé publique France et e‑Enfance utilisent d’autres méthodologies — enquêtes populationnelles, définitions et périodes d’observation différentes, ou approches centrées sur le harcèlement en ligne pour e‑Enfance — qui expliquent des niveaux supérieurs de prévalence.
-
Sur la fiabilité des sources : la Depp est une source officielle et compétente pour produire des séries statistiques nationales liées à l’Éducation, mais ses résultats doivent être interprétés à la lumière du changement de protocole. Santé publique France est une agence sanitaire publique reconnue, dont les travaux ont généralement une forte crédibilité méthodologique. L’association e‑Enfance fournit des indications utiles, en particulier sur la cyberviolence, mais ses enquêtes peuvent reposer sur des échantillons ou des définitions différentes qui rendent les comparaisons délicates.
-
En conséquence, aucun de ces travaux ne doit être lu isolément : la diversité des estimations souligne la complexité du phénomène et l’influence déterminante des choix méthodologiques — anonymat, définition du harcèlement, période couverte, type d’échantillonnage — sur les résultats.
-
En conclusion, la Depp propose une photographie — plus basse que d’autres estimations — du harcèlement scolaire pour la campagne de novembre 2025. Le changement du mode de recueil (possibilité d’identification) impose toutefois de la prudence sur l’interprétation des baisses observées par rapport aux années précédentes. Pour une lecture complète de l’ampleur du phénomène, il convient de croiser ces données avec d’autres enquêtes et d’examiner de près les méthodologies employées.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.