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Procès à huis clos du faux hypnothérapeute accusé ayant drogué et violé 14 femmes et filmé une vingtaine de victimes

Suivez les motifs et les tensions du huis clos au procès de Cyril Zattara, accusé d'avoir drogué, violé et filmé plusieurs femmes.

Pendant plus d’une décennie, un scénario de violences et de mise en scène s’est répété selon les éléments présentés par l’accusation : l’hypnothérapeute autoproclamé Cyril Zattara est jugé pour avoir drogué puis violé au moins 14 femmes entre 2010 et 2021, et pour avoir filmé à leur insu près d’une vingtaine d’entre elles. Le procès, ouvert lundi 5 janvier devant la Cour criminelle des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, a été placé à huis clos sur décision du président Roger Arata, après une suspension d’audience très brève dès l’ouverture des débats. Seules les parties civiles et les témoins, éventuellement accompagnés de proches autorisés cas par cas par la personne ayant demandé le huis clos, peuvent désormais assister aux débats. Toutes les personnes publiques, y compris la presse, ont été invitées à quitter la salle d’audience.

Pourquoi un huis clos demandé par une partie civile ?

Le huis clos a été sollicité par l’une des parties civiles afin de préserver la « dignité » de la victime, selon l’avocate Caroline Kazanchi, citée par l’AFP. La chambre a rappelé que, dans les affaires de viol, la loi confère à la victime partie civile la possibilité de demander la confidentialité des débats, et que la cour ne peut refuser une telle demande formulée dans ce cadre. Le président Roger Arata a donc appliqué ce principe, au motif de protéger la confidentialité des déclarations et d’encourager la libération de la parole des victimes.

Cette option vise à réduire l’exposition des victimes aux médias et au public, ce qui peut limiter le traumatisme et la stigmatisation sociale. À la sortie du tribunal, la mère d’une des victimes, qui a souhaité rester anonyme, a exprimé sa compréhension : « On dit que la honte a changé de camp mais ça n’est pas toujours vrai… Imaginez aller retravailler après un procès comme ça… » L’argument avancé par les défenseurs du huis clos est donc d’ordre protecteur et thérapeutique pour des personnes déjà fragilisées.

La tension entre confidentialité et publicité des procès

Mais l’option du huis clos n’est pas sans controverse. Certaines plaignantes, représentées ici par l’avocate Marylou Diamantara, avaient plaidé pour la publicité des débats, réclamant au moins un huis clos partiel. Elles souhaitent être accompagnées sans limitation de nombre, et entendent faire entendre leur voix publiquement pour « alerter » d’autres potentielles victimes et contribuer à la prise de conscience collective. Cet argument met en lumière l’autre fonction essentielle du procès public : la visibilité des violences et la dimension exemplaire et préventive de la procédure pénale.

La décision rendue par le président Arata s’inscrit aussi dans un contexte judiciaire personnel : ce magistrat avait présidé en 2024 le procès des viols de Mazan, affaire devenue symbolique au plan international pour les violences sexuelles, et qui avait, à l’inverse, été tenue en audience publique suite au refus de la victime Gisèle Pelicot d’accepter le huis clos. Mme Pelicot avait alors expliqué vouloir que « la honte change de camp » et peser sur la responsabilité publique des agresseurs. Le contraste entre ces deux choix — huis clos ici, publicité là-bas — illustre la flexibilité du droit et la centralité de la volonté des victimes dans l’organisation des débats.

La question de fond demeure : comment concilier le respect de la dignité et de l’intimité des victimes avec la nécessité de transparence et d’information du public ? Les juridictions françaises disposent de moyens pour restreindre l’accès aux audiences lorsque la protection des parties l’exige, mais ces décisions sont parfois perçues comme limitant la portée symbolique et pédagogique des procès pour violences sexuelles.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. Les informations rapportées dans le texte initial proviennent principalement de l’Agence France-Presse (AFP), de déclarations du président de la cour et d’avocats des parties civiles. L’AFP est une agence de presse reconnue, soumise à des standards professionnels élevés et à des procédures de vérification : ses dépêches constituent une source d’information généralement fiable pour les faits et les citations directes. Les déclarations du président de la cour et des avocates constituent des sources primaires au sens journalistique ; elles rendent compte des positions officielles et des demandes formulées en audience.

  2. Toutefois, certaines limites doivent être soulignées. Les propos recueillis reflètent avant tout les points de vue des parties civiles et de leurs conseils ; le texte ne contient pas de prise de parole du prévenu ni de ses avocats, ni d’extraits complets des pièces du dossier ou des actes de procédure accessibles publiquement. La mère anonyme apporte un témoignage humain pertinent, mais l’anonymat réduit la vérifiabilité et la représentativité de ce propos. Enfin, si l’AFP rapporte fidèlement les échanges d’audience, un lecteur souhaitant approfondir devrait consulter les actes judiciaires et les décisions de la cour pour obtenir le détail des éléments d’accusation et des motivations juridiques du huis clos.

  3. En somme, la couverture reposant sur des sources établies et des citations directes est globalement crédible pour les faits relatés — ouverture du procès, demande de huis clos, positions des avocates — mais elle reste partielle. Pour une vision complète et définitive, il faudra se référer aux pièces du dossier et aux décisions écrites de la cour publiées ultérieurement.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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