Propriétaire d'un bar LGBT+ en Russie accusé d'"extrémisme". Un tribunal se prononce sur son sort.
Dans un communiqué publié dimanche 31 mars, un tribunal de la ville d’Orenbourg, située dans l’Oural russe, a annoncé l’arrestation du propriétaire d’un bar LGBT+ pour « organisation d’activités extrémistes ». Cette décision a été prise en attendant son procès prévu au moins jusqu’au 18 mai. Selon un média local cité par l’AFP, l’individu a été appréhendé le 28 mars à l’aéroport international de Moscou-Cheremetievo.
Cette arrestation fait suite à l’interpellation, le 20 mars, de l’administratrice et du directeur artistique du même bar, également accusés des mêmes faits. En Russie, ce chef d’accusation peut entraîner une peine allant jusqu’à 10 ans de prison. Dans un contexte de répression croissante à l’encontre des minorités sexuelles en Russie, cette affaire suscite des inquiétudes quant au respect des droits des personnes LGBTQ+ dans le pays.
Le 9 mars, des policiers ont effectué une descente musclée au sein du bar LGBT+ nommé Pose à Orenbourg. Des images de l’intervention montrent des individus contraints de se coucher au sol, mains sur la tête. Avant même d’être jugés, les deux employés du bar ont été inscrits sur la liste des personnes qualifiées de « terroristes et extrémistes » en Russie, suite à l’ajout du « mouvement international LGBT » à la liste des organisations désignées comme telles par le pays, le 22 mars.
En novembre, la Cour suprême russe avait déjà déclaré le « mouvement international LGBT » comme une organisation « extrémiste », laissant ainsi présager de lourdes sanctions à l’encontre de ses membres. La législation russe interdit depuis 2013 la « propagande » en faveur des relations sexuelles non-hétérosexuelles adressée aux mineurs. Récemment, cette interdiction s’est étendue pour proscrire toute référence à la communauté LGBT+ dans les médias, sur internet, dans les livres et les films.
Plusieurs personnes en Russie ont été condamnées à des amendes pour des actes aussi mineurs que publier des photos avec des drapeaux arc-en-ciel ou partager en ligne un baiser entre deux femmes. Ces condamnations illustrent la sévérité croissante des autorités russes à l’égard de toute manifestation ou expression publique en faveur des droits des personnes LGBTQ+.
Dans ce climat d’intolérance envers les minorités sexuelles en Russie, la situation des personnes LGBTQ+ se fragilise davantage. Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement les atteintes aux libertés individuelles et appellent à une décriminalisation des activités des personnes LGBTQ+ dans le pays.
En conclusion, l’affaire de l’arrestation du propriétaire du bar LGBT+ à Orenbourg met en lumière les défis auxquels sont confrontées les personnes LGBTQ+ en Russie, où les atteintes aux droits des minorités sexuelles continuent de se multiplier. Les autorités russes sont vivement critiquées pour leur répression croissante à l’égard de toute forme de militantisme en faveur de l’inclusion et du respect des droits des personnes LGBTQ+.