Rouhani promet de protéger les femmes sans voile
Des promesses après une tragédie
Deux ans après la mort tragique de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne de 22 ans, le président iranien Massoud Pezeshkian a annoncé lors de sa première conférence de presse depuis son élection en juillet sa volonté de limiter les interventions de la police des mœurs envers les femmes qui ne portent pas le voile obligatoire en public. Une déclaration symbolique qui vise à apaiser les tensions après le décès de Mahsa Amini, arrêtée pour non-respect du code vestimentaire strict imposé aux femmes en Iran.
Cette annonce intervient suite aux fortes critiques à l’égard de la police des mœurs pour le décès en détention de Mahsa Amini, en septembre 2022. Le président Massoud Pezeshkian a fait part de sa volonté de retirer progressivement la présence de cette police dans l’espace public, affirmant que celle-ci ne devrait pas être en confrontation avec les citoyennes.
Des doutes persistants
Malgré ces annonces, certaines militantes restent sceptiques quant à la réelle portée des déclarations du président iranien. L’avocate franco-iranienne Chirinne Ardakani souligne que le guide suprême, l’ayatollah Khomeini, détient l’essentiel du pouvoir en Iran, contrôlant le judiciaire, les médias et l’exécutif. Ainsi, même si des mesures sont annoncées au niveau présidentiel, la concentration des pouvoirs entre les mains du guide suprême soulève des doutes quant à une réelle volonté de réforme en profondeur du système.
Chirinne Ardakani met en lumière le fait que tant que le guide suprême sera le détenteur ultime du pouvoir en Iran, les réformes pourraient rester superficielles et ne pas suffire à engager des changements fondamentaux en matière de droits des femmes et de libertés individuelles.
Ces déclarations du président Pezeshkian sont donc accueillies avec prudence, les observateurs redoutant une possible banalisation des problèmes structurels qui persistent en Iran, malgré les annonces de réformes ponctuelles. La vigilance reste de mise quant à l’évolution réelle de la situation des droits des femmes dans le pays.
En conclusion, les promesses de limiter l’action de la police des mœurs en Iran, formulées par le président Massoud Pezeshkian, soulèvent des questions quant à leur mise en œuvre effective dans un contexte où le pouvoir reste largement entre les mains du guide suprême. La vigilance et le suivi attentif de l’évolution de la situation des droits des femmes en Iran apparaissent comme des enjeux majeurs pour les défenseurs des libertés individuelles et de l’égalité des genres dans le pays.