Santé avant pouvoir d'achat pour les Français : Sondage Ipsos
La santé devient la principale préoccupation des Français en 2024
La santé est devenue en 2024 le sujet de préoccupation numéro un des Français, dépassant le pouvoir d’achat qui occupait la première place en 2023, selon un sondage Ipsos publié récemment. D’après cette enquête, 40% des Français ont identifié « leur santé et celle de leurs proches » parmi les trois principales préoccupations, ce chiffre étant en hausse de 3 points par rapport à l’année précédente. Parmi les catégories socio-professionnelles défavorisées, ce taux monte à 42%.
Cette tendance s’explique en partie par les deux années d’inflation record que le pays a connues. Même si la hausse des prix s’est atténuée, de nombreux Français rencontrent des difficultés pour boucler leurs fins de mois. En effet, 32% des personnes interrogées indiquent tout juste parvenir à couvrir leurs besoins essentiels, tandis que 13% déclarent ne pas y arriver du tout.
Les difficultés d’accès aux services publics, notamment aux soins de santé, sont également pointées du doigt. La moitié des Français dénoncent un accès difficile aux soins, un pourcentage qui monte à 59% parmi les habitants des petites agglomérations de moins de 20 000 personnes.
Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) met en lumière de profondes inégalités de santé en France. Certains départements des régions d’Outre-mer, Hauts-de-France, Grand Est et Centre affichent une espérance de vie à 60 ans plus basse et un nombre plus élevé d’années vécues en mauvaise santé. Cette disparité se traduit également par un écart significatif en termes de longévité entre les plus aisés et les plus pauvres : les hommes les plus riches vivent en moyenne 13 ans de plus que les hommes les plus pauvres, un écart ramené à 8 ans chez les femmes.
Des répercussions sur la confiance en la démocratie
Outre les préoccupations liées à la santé et au pouvoir d’achat, le sondage Ipsos révèle également des données intéressantes concernant la confiance des Français en la démocratie. Ainsi, 15% des personnes interrogées affirment qu’elles ne seraient pas prêtes à défendre la démocratie en cas de danger, et 23% ne sont pas convaincues que la démocratie soit le meilleur système politique possible.
Il est notable que les jeunes et les personnes défavorisées sont surreprésentés parmi ceux qui expriment une moindre adhésion à la démocratie. De plus, 51% des Français estiment qu’un pouvoir fort et centralisé est nécessaire pour assurer l’ordre et la sécurité.
Cette remise en question de la démocratie est en partie attribuée à un accès limité aux services publics, qui peut entraîner une désillusion vis-à-vis du système politique en place. Ces chiffres soulignent l’importance de prendre en considération les inquiétudes des citoyens quant à des enjeux aussi fondamentaux que la santé, le pouvoir d’achat et l’accès aux services publics pour renforcer la confiance démocratique dans le pays.