Six ans après l’assassinat de Samuel Paty, sa sœur dénonce le « pas de vague » et réclame une meilleure protection des enseignants
Affaire Samuel Paty : découvrez pourquoi sa sœur dénonce le « pas de vague » et réclame une meilleure protection des enseignants.
Six ans après l’assassinat de Samuel Paty, sa sœur Mickaëlle estime que l’Éducation nationale n’a toujours pas tiré les enseignements du drame. Invitée d’Europe 1 le vendredi 16 octobre 2026, elle a dénoncé la persistance d’une « politique du pas de vague » face aux menaces visant les enseignants. Le professeur d’histoire-géographie a été assassiné le 16 octobre 2020 par un islamiste radicalisé. Cette date anniversaire est, pour sa sœur, l’occasion de renouveler sa demande de protection des personnels et de reconnaissance des responsabilités institutionnelles.
Une critique de la gestion des menaces contre les enseignants
« Ce que je ressens toujours au bout de six ans, c’est le pas de vague », a déclaré Mickaëlle Paty, selon les propos reproduits dans l’article d’origine. Elle décrit une institution qui chercherait davantage à contenir les conséquences des incidents qu’à en examiner les causes. À ses yeux, les situations d’enseignants agressés, violentés ou menacés continuent d’être traitées sans remise en question suffisante des mécanismes censés assurer leur sécurité. Europe 1 confirme que cette dénonciation constitue le cœur de son intervention anniversaire.
Son reproche porte notamment sur la priorité qui serait donnée à la gestion immédiate des crises. Dans l’entretien rapporté, elle oppose cette approche à un travail de prévention et d’analyse qu’elle juge indispensable. Son propos ne consiste donc pas seulement à réclamer une réaction après une menace : elle demande que l’institution s’interroge sur ce qui permet à ces situations de se développer et sur la manière de protéger réellement les enseignants. Il s’agit de son appréciation du fonctionnement institutionnel, et non d’un constat général démontré par les seuls éléments de cet entretien.
Une demande de reconnaissance portée devant la justice
Mickaëlle Paty considère également que l’Éducation nationale n’a pas reconnu ses fautes dans l’enchaînement ayant conduit à l’assassinat de son frère. L’article fourni rapporte qu’elle attribue cette absence de reconnaissance à un défaut de retour critique sur les événements. Cette accusation doit être clairement présentée comme sa position : une déclaration publique, même formulée avec force par une proche de la victime, ne constitue pas à elle seule une conclusion judiciaire sur la responsabilité de l’État.
Cette exigence de reconnaissance s’est traduite par une démarche contentieuse. En juillet 2024, Mickaëlle Paty a saisi la justice administrative pour faire reconnaître la responsabilité de l’État dans l’assassinat. TF1 Info a rapporté l’annonce de ce recours, effectuée par son avocate. La saisine établit l’existence d’une demande adressée au juge ; elle ne permet pas, en elle-même, de présenter les manquements allégués comme judiciairement établis. Les éléments consultés ici ne permettent pas de préciser l’issue de cette procédure.
Un avertissement sur la portée des menaces
Dans les déclarations reproduites par l’article d’origine, Mickaëlle Paty s’inquiète aussi de voir le nom de son frère associé à des menaces de mort. Elle appelle l’Éducation nationale à prendre ces paroles au sérieux et redoute que d’autres enseignants soient tués. Cet avertissement exprime une crainte et une demande de vigilance : il ne doit pas être transformé en prédiction certaine. Europe 1 met précisément cette inquiétude en avant dans la présentation de son entretien.
Des sources pertinentes, mais de portée différente
Europe 1 est la source directe de l’intervention : la station est donc pertinente pour attribuer à Mickaëlle Paty ses déclarations et restituer l’objet de sa prise de parole. Cette proximité avec l’entretien ne suffit toutefois pas à vérifier toutes les accusations concernant l’Éducation nationale. Le témoignage renseigne d’abord sur son analyse et ses attentes ; l’évaluation générale des pratiques administratives nécessiterait d’autres éléments contradictoires.
Le compte rendu de TF1 Info apporte, pour sa part, un appui identifiable à l’existence du recours, puisqu’il renvoie à l’annonce de l’avocate. Sa portée reste procédurale : il confirme une démarche, pas son bien-fondé. Enfin, l’article initial ne présente pas de réponse de l’Éducation nationale aux critiques rapportées. Cette limite impose de distinguer les faits documentés, les griefs de Mickaëlle Paty et les responsabilités dont elle demande la reconnaissance.