Téléphone au volant : la suspension du permis peut désormais atteindre six mois selon les départements et les circonstances
Téléphone au volant : découvrez les sanctions encourues, jusqu’à six mois de suspension du permis selon les circonstances.
L’usage du téléphone portable au volant peut entraîner une suspension administrative du permis de conduire, en plus de l’amende et du retrait de points déjà prévus par le Code de la route. Le dispositif, d’abord appliqué dans certains départements, a été étendu à plusieurs territoires afin de renforcer la lutte contre les comportements jugés particulièrement dangereux.
Une suspension pouvant aller jusqu’à six mois
Lorsqu’un conducteur est contrôlé avec un téléphone tenu en main, le préfet peut décider une suspension immédiate de son permis, sans attendre la décision d’un juge. Cette mesure s’appuie sur l’article L. 224-7 du Code de la route. Sa durée peut varier selon les circonstances, les antécédents et le comportement du conducteur. Elle est généralement fixée à quinze jours, mais peut atteindre un mois et, dans les cas les plus sérieux, jusqu’à six mois.
Cette suspension administrative ne remplace pas les sanctions habituelles. L’utilisation d’un téléphone tenu en main au volant reste punie d’une amende forfaitaire de 135 euros et d’un retrait de trois points sur le permis de conduire. Le conducteur peut également être sanctionné pour d’autres infractions commises simultanément, comme le franchissement d’un feu rouge, un refus de priorité ou un excès de vitesse.
Le dispositif vise donc à combiner plusieurs niveaux de réponse : une sanction financière, une perte de points et, selon la décision préfectorale, une interdiction temporaire de conduire. Les autorités entendent ainsi rappeler que le téléphone constitue un facteur de distraction à part entière, même lorsqu’aucun accident ne s’est produit.
Un risque accru d’accident
La Sécurité routière estime que l’usage du téléphone au volant multiplie par trois le risque d’accident. La lecture d’un message est encore plus dangereuse : elle oblige le conducteur à détourner les yeux de la route pendant plusieurs secondes et multiplierait le risque d’accident par 23, selon les données régulièrement reprises dans les campagnes de prévention publiques.
Le danger ne se limite pas aux appels téléphoniques. Écrire ou lire un SMS, consulter une notification, utiliser une application de navigation ou manipuler un écran mobilise l’attention, les yeux et parfois une main. Le conducteur peut alors ne plus percevoir à temps un freinage, un piéton, un cycliste ou un obstacle.
Les statistiques disponibles confirment l’ampleur du phénomène. Selon le bilan 2024 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 590 030 infractions liées à l’usage d’un téléphone tenu en main ont été relevées. En ajoutant les infractions liées au port d’écouteurs ou à la présence d’un écran dans le champ de vision, le total des contraventions concernant les distracteurs atteint 652 454.
Le bilan définitif de la sécurité routière indique par ailleurs que 3 515 personnes sont mortes en 2025 sur les routes de France métropolitaine et d’outre-mer. Ce chiffre ne permet pas, à lui seul, d’attribuer une part précise des décès à l’usage du téléphone, mais il rappelle la gravité des comportements qui détournent l’attention au volant.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
-
Le texte d’origine s’appuie sur trois types de sources : une déclaration politique rapportée par Le Figaro, les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière et les messages de prévention de la Sécurité routière. Les sources institutionnelles, notamment l’ONISR, le ministère de l’Intérieur et la Sécurité routière, sont les plus solides pour vérifier les règles applicables, les statistiques d’infractions et le bilan de la mortalité routière.
-
En revanche, plusieurs éléments de l’article initial appelaient à la prudence. La mention de 695 360 infractions en 2025 ne correspond pas aux données institutionnelles actuellement disponibles, qui établissent à 652 454 le nombre de contraventions liées aux téléphones et autres distracteurs en 2024. De même, une annonce présentée comme une généralisation nationale doit être distinguée de la possibilité juridique offerte aux préfets : les informations officielles disponibles décrivent une mise en œuvre dans plusieurs départements, mais ne permettent pas d’affirmer que la suspension est appliquée de manière uniforme dans toute la France.
-
La règle essentielle demeure toutefois inchangée : tenir son téléphone en conduisant expose à une amende et à un retrait de points, et peut désormais, selon le département et les circonstances, entraîner une suspension administrative du permis. Pour éviter la sanction comme l’accident, le téléphone doit rester hors de portée pendant toute la conduite.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.