Triple infanticide à Alfortville : la cour d'assises condamne le père à la réclusion criminelle à perpétuité avec 22 ans de sûreté, l'affaire éclaire la question des violences vicariantes et de la protection des victimes
Le tribunal condamne à la perpétuité l'auteur de l'infanticide Alfortville, reconnaissant la dimension violences vicariantes. L'accusé ne fera pas appel.
La cour d’assises du Val-de-Marne a rendu, vendredi 10 avril, un jugement lourd dans l’affaire du triple infanticide d’Alfortville : Youness El Houdigui a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, a indiqué le parquet.
Âgé de 44 ans, le prévenu avait tué ses trois fillettes en novembre 2023 alors qu’il les avait en garde pour le week-end. Les faits décrits au procès combinent drogues et violences : selon les éléments présentés, il les aurait d’abord droguées, puis les aurait tuées en les étouffant et en les poignardant.
Reconnaissance des faits et réactions des parties civiles
Au cours du procès, l’accusé a reconnu les faits. Il a admis avoir battu sa femme, mais a cherché à minimiser l’ampleur de ces violences envers elle et à nier avoir frappé l’une de ses filles avant les meurtres — malgré des condamnations antérieures le concernant pour violences conjugales et pour des faits visant l’une de ses enfants.
La mère des trois fillettes, partie civile, a témoigné devant la cour en racontant les violences qu’elle avait subies. Elle a affirmé que son compagnon s’était attaqué à leurs enfants parce qu’il savait que, si c’était elle la cible, elle se défendrait. Après l’annonce du verdict, l’une des avocates de la partie civile, Isabelle Steyer, a estimé qu’il s’agit d’une « décision qui reconnaît la parole de la maman victime et ses trois filles victimes de violences vicariantes » et qui reconnaît « la gravité des faits ».
Violences vicariantes : le crime comme arme contre la mère
Le terme de « violences vicariantes » est revenu à plusieurs reprises au cours de l’instruction et de l’audience. Il désigne des atteintes infligées à un proche — ici les enfants — pour atteindre une mère ou une femme « par procuration ». Dans ce dossier emblématique, les avocates de la partie civile et le parquet ont présenté le meurtre des enfants comme un acte visant à frapper la mère en la privant de ses filles et en instaurant une souffrance irréparable.
Durant l’audience, l’accusé a déclaré, selon le compte rendu, qu’« un homme normal, ça ne fait pas ça ». Il a également expliqué, lors de l’enquête, ne pas supporter l’idée que ses enfants puissent être élevés par un autre homme, alors que sa compagne avait engagé une procédure de divorce quelques mois auparavant.
L’avocat du condamné, Baptiste Hervieux, a informé que son client ne ferait pas appel de la décision. Le parquet et la cour ont considéré que les éléments réunis, les aveux partiels et le contexte — antécédents de violences et témoignages — justifiaient la plus lourde des peines prévues par le code pénal.
Au-delà de la peine prononcée, ce dossier soulève des questions plus larges sur la protection des victimes de violences conjugales et sur les dispositifs de prévention lorsque des antécédents de maltraitance existent au sein d’un foyer.
La condamnation à la perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans marque une étape judiciaire importante pour la mère et les parties civiles qui réclamaient la reconnaissance de la dimension viciante et ciblée des actes commis.
Évaluation de la fiabilité des sources citées dans l’article original : le texte d’origine s’appuie explicitement sur des informations transmises par l’AFP et sur des déclarations rapportées des avocats et des parties au procès. L’AFP est un service de presse généraliste reconnu pour ses comptes rendus judiciaires et sa méthode de vérification; les citations directes d’avocats et de la partie civile appartiennent à la catégorie des sources primaires et sont donc crédibles pour retracer les positions exprimées au tribunal. Toutefois, comme souvent dans les reportages judiciaires, certains éléments relèvent des dires des protagonistes et de la qualification retenue par la partie civile (par exemple l’interprétation des « violences vicariantes ») : ces éléments sont fiables pour rendre compte de la version donnée au procès, mais doivent être distingués des conclusions factuelles définitives qui relèvent du jugement et de ses motivations écrites.
En l’état, le présent article reformule et structure les informations rendues publiques au cours du procès sans ajouter de faits nouveaux. Pour toute précision supplémentaire (motifs détaillés de la cour, attendus écrits du jugement, calendrier exact des voies de recours), il conviendrait de se reporter aux décisions et aux communiqués officiels du tribunal ou du parquet.