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Violences à Sainte-Soline : des manifestants grièvement blessés vont redéposer plainte après le classement sans suite et exigent la désignation d'un juge avant la mobilisation du 25 mars

Des blessés de Sainte Soline redéposeront plainte et exigent un juge avant la mobilisation du 25 mars.

Ils annoncent vouloir rouvrir le dossier. Samedi 10 janvier, à Poitiers, des manifestants gravement blessés lors du rassemblement anti-bassines interdit de Sainte‑Soline (Deux‑Sèvres) en mars 2023 ont confirmé leur intention de « redéposer » plainte, cette fois en se constituant partie civile, après que le parquet a classé sans suite leurs premières plaintes début décembre. Parmi eux, Mickaël Boulay, sorti d’un coma de dix jours, et la famille de Serge Duteuil‑Graziani, resté inconscient pendant deux mois, ont exprimé sur place leur détermination à rouvrir l’enquête « sous huit jours ». Leur démarche vise à faire désigner un juge d’instruction et ainsi obtenir une information judiciaire plus approfondie que l’enquête préliminaire menée jusqu’ici par le parquet de Rennes. Le collectif Bassines Non Merci a appelé à une mobilisation nationale pour le 25 mars, date anniversaire de la manifestation, avec des rassemblements devant gendarmeries, préfectures et ministères. Le ton reste à la contestation des conclusions judiciaires et à la demande de réponses sur l’usage de la force par les gendarmes le jour des affrontements.

Les faits reprochés et la décision du parquet

Le rassemblement de Sainte‑Soline, organisé en mars 2023 contre des ouvrages de stockage d’eau agricoles, a dégénéré en affrontements entre plusieurs milliers de manifestants et les forces de l’ordre. Quatre personnes — une femme et trois hommes — avaient porté plainte pour violences. Après deux ans et demi d’enquête préliminaire, le parquet de Rennes a classé sans suite la plupart des plaintes début décembre. Dans son analyse, le parquet a estimé qu’un tir de grenade litigieux était « conforme aux règles d’emploi ». Pour trois autres tirs, il a considéré qu’ils étaient « non conformes », mais qu’ils pouvaient se « justifier » au regard d’un contexte qualifié « d’ultraviolent » et que leurs auteurs n’avaient pas pu être identifiés « avec certitude ». Le parquet a toutefois ouvert une information judiciaire distincte sur d’autres « tirs tendus ».

La décision de classement sans suite a provoqué l’indignation des parties blessées et de collectifs militants, qui citent des éléments nouveaux — notamment des vidéos — susceptibles, selon eux, de remettre en cause l’analyse du parquet. La constitution de partie civile, procédure qui permet à la victime de demander l’ouverture d’une instruction, est perçue par les plaignants comme le moyen de contraindre la justice à procéder à des actes d’enquête plus formels (auditions sous serment, perquisitions, confrontations, expertises).

Les victimes, leurs séquelles et leurs revendications

Les témoignages rapportés font état de séquelles physiques et neurologiques importantes. Jean‑Pierre Duteuil, le père de Serge, a expliqué à l’AFP que son fils souffrait de problèmes de vision et d’audition depuis l’événement. Mickaël Boulay, de son côté, présente des troubles de mémoire et a subi une hémorragie cérébrale liée aux violences subies, selon ses proches. Lors de la réunion, les victimes ont demandé que l’ensemble des faits soit examiné par un magistrat instructeur et dénoncé ce qu’elles qualifient d’usage disproportionné de la force.

Les responsables judiciaires ont, pour leur part, justifié certaines opérations et estimé que l’identification d’auteurs précis restait difficile au terme de la phase préliminaire. L’ouverture d’une information judiciaire sur certains tirs laisse néanmoins la possibilité d’approfondir des éléments matériels et de nouveaux éléments probants s’ils sont produits.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. L’article original mentionne plusieurs sources médiatiques et institutionnelles. Il renvoie notamment à des reportages et images diffusés par Libération et Mediapart, ainsi qu’à des comptes‑rendus d’AFPTV (Agence France‑Presse via ses services audiovisuels) et aux déclarations du parquet de Rennes. Voici une brève évaluation de leur fiabilité :

  2. – AFP / AFPTV : agence de presse internationale reconnue pour ses standards de vérification et son impartialité rédactionnelle. Ses dépêches constituent une source solide pour les faits rapportés et les citations officielles.

  3. – Libération : quotidien national établit, orienté à gauche mais disposant d’un service d’enquête et de vérification rigoureux. Ses publications d’enquêtes ou de vidéos sont généralement fiables, mais comme pour tout média, leurs éléments doivent être considérés au regard d’éventuelles contextualisations ou vérifications complémentaires.

  4. – Mediapart : site d’investigation numérique indépendant connu pour ses enquêtes fondées sur des documents, des vidéos et des témoignages. Ses révélations ont conduit à des développements judiciaires par le passé. Les pièces publiées (vidéos, extraits) sont souvent précises, mais leur interprétation juridique peut nécessiter des expertises techniques complémentaires (authentification, cadrage, chronologie).

  5. Dans ce dossier, la force probante des vidéos mentionnées dépendra de leur authenticité formelle, de la possibilité d’identifier des auteurs et de la mise en perspective chronologique. Les déclarations du parquet et l’existence d’une information judiciaire constituent, elles, des éléments publics et vérifiables qui cadrent la procédure en cours.

  6. La prochaine étape sera juridique : une plainte avec constitution de partie civile oblige la désignation d’un juge d’instruction, ce qui peut conduire à des actes d’enquête plus poussés et, le cas échéant, à des instructions formelles. Les victimes et leurs soutiens cherchent à transformer les preuves médiatiques et les récits individuels en éléments juridiques susceptibles d’étayer une mise en cause pénale ou disciplinaire. Les mois à venir devraient préciser si ces nouveaux dépôts de plainte suffiront à relancer l’enquête sous l’autorité d’un magistrat instructeur.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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