Cédrine Kerbaol alerte sur les dangers de la maigreur extrême en cyclisme féminin et plaide pour une performance saine et durable
Le rapport poids/puissance, crucial en cyclisme professionnel, pousse parfois à des pratiques alimentaires extrêmes au détriment de la santé. Cédrine Kerbaol, cycliste et nutritionniste, alerte sur les risques d'une culture de la maigreur, notamment chez les femmes, et promeut une approche équilibrée. Témoignages de champions confirment l'importance de préserver force et bien-être. Cet enjeu, souligné lors du Tour de France femmes, appelle à une performance durable et respectueuse de la santé des athlètes.
Le rapport poids/puissance : un enjeu crucial et délicat dans le cyclisme professionnel
Dans le cyclisme professionnel, le rapport poids/puissance est une donnée clé qui influence directement la performance, notamment en montagne. Il s’agit de maximiser la puissance développée par le cycliste tout en maintenant un poids corporel aussi léger que possible. Cette quête d’optimisation pousse souvent les athlètes à ajuster rigoureusement leur alimentation et leur masse corporelle, parfois au détriment de leur santé.
Cédrine Kerbaol, cycliste bretonne engagée dans le Tour de France femmes avec l’équipe EF Education-Oatly, met en lumière ce dilemme. En tant que professionnelle et nutritionniste, elle alerte sur un « moment dangereux » dans le cyclisme féminin, où la pression pour atteindre un poids très bas peut engendrer des conséquences néfastes. Elle souligne que de nombreuses championnes ont remporté des courses majeures avec un poids très léger, ce qui peut inciter les jeunes cyclistes à adopter des comportements alimentaires extrêmes pour imiter ces modèles.
Une culture de la maigreur aux risques multiples
Kerbaol dénonce une culture de la maigreur qui s’enracine dans les pelotons, exacerbée par la visibilité accrue du cyclisme féminin et la volonté de progresser rapidement. Elle explique que « ces dernières années, c’est très à la mode de compter chaque gramme dans les assiettes », ce qui peut mener à des pratiques alimentaires trop restrictives. Pour sensibiliser à ces enjeux, elle a co-créé le compte Instagram f.e.e.d_powr, qui promeut une approche équilibrée : la perte de poids ne doit pas être une fin en soi, mais doit s’accompagner d’une alimentation adaptée aux besoins du corps.
Le témoignage de Kristen Faulkner, double médaillée d’or olympique, illustre cette philosophie. Sur Instagram, elle confie qu’elle n’aurait jamais atteint ses succès en cherchant à devenir la version la plus maigre d’elle-même, mais plutôt en développant sa force et en préservant sa santé.
Ce problème n’est pas exclusif au cyclisme féminin. Chez les hommes aussi, la pression pour être léger est forte. Jonas Abrahamsen, coureur professionnel, a raconté avoir longtemps cherché à maintenir un poids très bas, proche de 60 kg, pour performer en montagne, au détriment de son énergie et de son bien-être. Ce n’est qu’en écoutant son corps et en augmentant son poids qu’il a pu stabiliser sa condition physique et participer au Tour de France.
Les conséquences physiologiques de cette quête de légèreté sont préoccupantes. Cédrine Kerbaol évoque des cas d’ostéoporose précoce, avec des os décalcifiés dès l’âge de 20 ans, ainsi qu’un risque accru de blessures. Chez les femmes, l’absence de règles, symptôme d’un déséquilibre hormonal lié à une maigreur excessive, est un signal d’alarme. Elle insiste sur l’importance d’un équilibre global, d’une bonne connaissance de la nutrition et de son corps, ainsi que du bien-être mental.
Le Tour de France femmes, événement majeur et très médiatisé, offre une tribune idéale pour porter ce message et encourager une approche plus saine et durable de la performance sportive.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
-
L’article s’appuie principalement sur les déclarations de Cédrine Kerbaol, à la fois cycliste professionnelle et nutritionniste, ce qui confère une crédibilité importante à ses propos. Ses interventions dans des médias reconnus comme L’Humanité et L’Équipe renforcent la fiabilité des informations. Le témoignage de Kristen Faulkner, championne olympique, apporte un éclairage complémentaire et authentique sur la problématique.
-
Les références à Jonas Abrahamsen, relayées par The Cycling Podcast et L’Équipe, sont également pertinentes, illustrant que cette problématique dépasse le cadre du cyclisme féminin.
-
Dans l’ensemble, les sources citées sont fiables et issues de médias spécialisés ou d’intervenants directement concernés, ce qui garantit une information sérieuse et bien étayée. L’article évite les spéculations et se concentre sur des témoignages et analyses fondés.
-
En conclusion, la prise de conscience autour des risques liés à la recherche excessive de légèreté dans le cyclisme professionnel est essentielle. Promouvoir une approche équilibrée, respectueuse de la santé physique et mentale des athlètes, est un enjeu majeur pour l’avenir de ce sport, tant chez les femmes que chez les hommes.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.