champion de natation, critique l'utilisation de la supervision médicale dans le dopage.
Les « Enhanced Games » (Jeux améliorés) promettent de repousser les limites du corps humain en permettant l’utilisation de substances dopantes sans aucun contrôle antidopage. L’ancien nageur australien James Magnussen s’est dit prêt à participer à cet événement controversé et à battre le record du monde du 50 m nage libre pour remporter une récompense d’un million de dollars. Mais est-il vraiment possible de se doper sans mettre sa santé en péril ? Pour répondre à cette question, Michel Audran, ancien directeur du laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry et du département des analyses de l’AFLD, a partagé son expertise sur le sujet.
Selon Audran, il est compliqué de répondre à cette question car plusieurs facteurs jouent un rôle important. La toxicité de la substance elle-même, la dose administrée et la durée de son utilisation sont des facteurs déterminants. Les laboratoires antidopage réalisent souvent des protocoles pour déterminer si une substance améliore les performances, mais cela se fait toujours sous contrôle médical et en respectant les doses thérapeutiques. Il est interdit d’administrer des doses supra-thérapeutiques, qui sont généralement utilisées par les athlètes dopés. Par conséquent, les études ne visent pas à repousser les limites des athlètes, mais plutôt à identifier les produits dopants.
Il convient également de noter que l’effet sur la santé dépend du type de substance dopante utilisée. Par exemple, les stéroïdes sont connus pour être toxiques pour le cœur et peuvent provoquer des problèmes cardiaques, tout comme l’EPO et les anabolisants. Cependant, les effets sur la santé peuvent varier en fonction de la substance. L’administration excessive d’EPO entraîne une augmentation immédiate du nombre de globules rouges, ce qui peut obstruer les vaisseaux sanguins et provoquer des infarctus. En revanche, l’utilisation prolongée de stéroïdes anabolisants peut avoir des effets à long terme qui sont plus difficiles à détecter.
Ces considérations soulèvent des interrogations quant à la possibilité de participer aux « Enhanced Games » en toute sécurité. Audran est sceptique quant à la capacité des médecins à déterminer la dose maximale sans mettre en danger la santé des athlètes. Il considère également que l’idée de se doper sous supervision médicale est aberrante.
Il est important de noter que les effets néfastes du dopage sur la santé sont bien documentés. Les organisations antidopage, telles que l’Agence mondiale antidopage, mettent en place des règles strictes et des contrôles pour protéger la santé des athlètes et garantir l’équité des compétitions. Les « Enhanced Games », en autorisant le dopage, vont à l’encontre de ces principes et soulèvent des préoccupations éthiques et de santé publique.
En conclusion, il est clair que le dopage comporte des risques importants pour la santé, quelle que soit la supervision médicale. Les substances dopantes peuvent avoir des effets néfastes à court et à long terme sur le corps humain. Les « Enhanced Games » défient les règles établies pour protéger les athlètes et garantir des compétitions é