EuroBasket 2025 Les Bleus prives de Wembanyama Gobert et Fournier misent sur la jeunesse Risacher Sarr Coulibaly et une defense collective pour viser la premiere place du groupe D et eviter les favoris
Sans Wembanyama, Gobert et Fournier, la France mise sur Risacher, Sarr et une défense collective pour viser la première place du groupe D.
Il suffit de parcourir la liste des absents pour mesurer l’altération du visage de l’équipe de France : Victor Wembanyama, Rudy Gobert, Evan Fournier, Vincent Poirier, Mathias Lessort, Moussa Diabaté, Matthew Strazel… Autant de noms qui ont façonné ces dernières années l’identité des Bleus et qui manqueront cruellement au rendez‑vous de l’EuroBasket 2025, dont la phase initiale débute mercredi à Tampere (Finlande), Limassol (Chypre), Katowice (Pologne) et Riga (Lettonie), la capitale lettone accueillant la phase finale. Ces absences transforment d’emblée les ambitions et la composition d’une équipe en reconstruction, mais non sans atouts ni promesses concrètes.
Une équipe remaniée mais ambitieuse
Le groupe français qui s’engage dans la compétition est plus jeune et moins expérimenté que celui qui a décroché l’argent aux JO de Paris 2024. Des cadres de l’ère récente, comme Nicolas Batum et Nando De Colo, ont pris leur retraite, et plusieurs joueurs clés sont indisponibles pour diverses raisons. Restent des éléments d’expérience — Elie Okobo (44 sélections), Théo Malédon, Timothé Luwawu‑Cabarrot — mais la sélection s’appuie désormais sur des talents émergents : Zaccharie Risacher, Alexandre Sarr, Nadir Hifi (appelé en remplacement de Matthew Strazel), Jaylen Hoard et Bilal Coulibaly font partie de la colonne vertébrale d’un effectif qui veut apprendre vite en situation réelle.
Le capitaine Guerschon Yabusele incarne ce mélange d’ambition et de pragmatisme : « On n’est pas favori », a‑t‑il déclaré, préférant aborder la compétition en « underdogs » pour éviter la pression d’un statut trop élevé. Le sélectionneur Frédéric Fauthoux a quant à lui relativisé l’invincibilité en préparation (cinq victoires en cinq matchs), insistant surtout sur la construction des automatismes et sur les progrès défensifs observés pendant la préparation. Ces éléments posent les bases d’une équipe qui veut masquer son inexpérience par une organisation collective et une intensité défensive.
Objectifs sportifs et chemin vers les phases finales
Sur le papier, la trajectoire la plus réaliste pour la France consiste à sécuriser la première place de sa poule D afin d’éviter la partie de tableau abritant les favoris majeurs — une stratégie qui limiterait l’exposition à des adversaires du calibre de la Serbie avant les quarts. Mais le tirage ne rendra pas la tâche facile : la première échéance, la Slovénie de Luka Dončić, représente un test majeur dès le premier tour. Gagner ce match faciliterait l’accès aux huitièmes de finale et, potentiellement, à une fenêtre plus favorable pour les quarts.
L’EuroBasket 2025 rassemble une densité de talents inédite : Luka Dončić, Giannis Antetokounmpo (Grèce), Franz Wagner et Dennis Schröder (Allemagne), Alperen Şengün (Turquie), Lauri Markkanen (Finlande), Kristaps Porziņģis (Lettonie) — et surtout l’impressionnante Serbie menée par Nikola Jokić, triple MVP et champion NBA, qui vise un premier sacre international. Face à de telles coalitions, la France a une voie possible : transformer sa défense en avantage compétitif. Yabusele l’a résumé simplement : si l’équipe parvient à imposer un rythme, à limiter le scoring adverse et à encaisser les duels physiques, elle peut devenir « très difficile à jouer ».
Sur le plan historique, la France n’a remporté qu’un seul Euro, en 2013 ; la marge de progression reste donc tangible. Pour espérer un parcours remarquable, les Bleus devront enchaîner une performance collective solide, limiter les erreurs individuelles et tirer le meilleur parti de l’entrée en jeu de leurs jeunes éléments, qui chercheront à marquer les esprits.
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