La baignade dans la Seine : une promesse non tenue
En mai 1990, Jacques Chirac faisait une promesse mémorable : se baigner dans la Seine, démontrant ainsi le nettoyage du fleuve. Malheureusement, cette déclaration est rapidement devenue emblématique des vaines promesses politiques. La raison derrière son impraticabilité remonte à 1923, lorsque la baignade dans la Seine a été interdite en raison des risques de navigation et de pollution.
### La complexité du système d’assainissement parisien
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les parisien.ne.s se baignaient librement dans la Seine. Cependant, l’urbanisation massive de Paris, avec son réseau d’assainissement obsolète hérité de l’époque haussmannienne, a rendu le fleuve de plus en plus insalubre. Les eaux usées et pluviales se mêlent dans un système unitaire, déversant parfois des eaux non traitées directement dans la Seine en cas de fortes pluies, compromettant sa propreté.
### Les défis de la réhabilitation de la Seine
Avec l’augmentation de la population parisienne et des besoins en eau, le nettoyage de la Seine est devenu un défi colossal. Les matières fécales déversées contiennent des bactéries dangereuses pour la santé humaine, rendant la baignade impossible. De plus, le débit relativement bas de la Seine accentue sa vulnérabilité, laissant la tâche d’assainir le fleuve encore plus ardue.
Pour réaliser le rêve d’une Seine baignable, la ville a investi 1,4 milliard d’euros dans un « plan baignade » en vue des Jeux Olympiques de cet été. Ce plan vise à rendre la Seine propice à la natation pour les compétitions olympiques et à terme, la rendre accessible au grand public. Ce projet ambitieux a été soutenu par Anne Hidalgo et Emmanuel Macron qui se sont engagés, comme Jacques Chirac avant eux, à se baigner dans la Seine.
Malgré les défis et les résistances, la propreté de la Seine est désormais une priorité affirmée, portée par un investissement considérable et des engagements politiques forts. La confiance en un avenir où la Seine redeviendra un lieu de baignade populaire est plus que jamais tangible, même si le chemin vers cette réalité reste semé d’embûches.
Restez à l’écoute pour découvrir la suite de notre série sur les efforts de revitalisation de la Seine le mardi 18 mars prochain.