LUNFP soutient Adrien Rabiot et critique la délocalisation Milan Come Perth relançant le conflit entre santé des joueurs et ambitions commerciales de la Serie A face aux longs vols et au calendrier surchargé
Adrien Rabiot critique le match Milan-Côme à Perth. L'UNFP le soutient et relance le débat sur la santé des joueurs face aux enjeux commerciaux.
Adrien Rabiot a relancé, cette semaine, le débat sur les déplacements lointains imposés par le calendrier du football professionnel. Dans un entretien publié par Le Figaro, le milieu de terrain de l’AC Milan a qualifié de « totalement fou » le choix de faire disputer en février un match de Serie A entre deux clubs italiens — son équipe et Côme — à Perth, en Australie. Ses mots ont déclenché une réponse cinglante de la direction de la ligue italienne, puis un soutien public du syndicat français des joueurs (UNFP), installant une nouvelle fracture entre exigences commerciales et préoccupations sanitaires des joueurs.\n\n
Les propos de Rabiot et le contexte sportif
\n\nRabiot, arrivé à l’AC Milan fin août en provenance de l’Olympique de Marseille, a exprimé son incompréhension face à l’idée de parcourir des milliers de kilomètres pour un match domestique : « Tout cela nous dépasse. Le sujet des calendriers, de la santé des joueurs, est beaucoup discuté, et tout ça paraît fou. C’est dingue de faire autant de kilomètres pour faire un match entre deux équipes italiennes en Australie. » Ces remarques s’inscrivent dans un débat plus large sur la congestion des calendriers, la récupération des athlètes et l’impact des longs voyages sur la performance et la santé.\n\nLes opposants à ces déplacements pointent des risques avérés : fatigue liée au décalage horaire, diminution du temps de récupération entre rencontres, et potentiel surcroît de blessures. Les promoteurs, en revanche, invoquent l’attraction commerciale — élargir l’audience internationale de la Serie A — et des accords contractuels entre clubs et instances. Le cas de Perth illustre la tension entre ces logiques : un match organisé à 15 heures de vol (selon la presse) suscite des interrogations sur la pertinence sportive de telles opérations quand elles se disputent hors de la saison internationale ou hors des fenêtres prévues.\n\n
Réactions syndicales et institutionnelles
\n\nLe syndicat français des joueurs, l’UNFP, a rapidement soutenu Rabiot dans un communiqué : « Le constat d’Adrien Rabiot est partagé par la grande majorité des joueurs parce qu’il est juste, parce qu’il repose sur une connaissance empirique du football et du métier de footballeur. » L’UNFP a aussi rappelé que la liberté d’expression des footballeurs est un principe fondamental que le syndicat entend défendre, en référence à la FIFPRO, l’organisation professionnelle mondiale des joueurs.\n\nEn réaction, Luigi De Siervo, directeur général de la Serie A, a critiqué publiquement Rabiot en marge de l’assemblée générale de la ligue, estimant que « Rabiot oublie, comme tous les footballeurs qui gagnent des millions d’euros, qu’ils sont payés pour exercer une activité, c’est‑à‑dire jouer au football », et ajoutant qu’il « devrait respecter l’argent qu’il gagne ». Ces propos, rapportés par la presse italienne, reflètent une ligne institutionnelle stricte : la nécessité d’accepter les décisions sportives et commerciales prises par les clubs et la ligue.\n\nLe face‑à‑face met en lumière un dilemme de gouvernance : comment concilier intérêts économiques (visibilité internationale, recettes) et protection des acteurs sportifs ? Les syndicats de joueurs, nationaux et mondiaux, réclament davantage de prise en compte des contraintes physiologiques et d’un dialogue renouvelé sur la planification des calendriers.\n\nÉvaluation des sources citées\n\n- Le Figaro : quotidien national de référence en France ; le magazine a publié l’entretien avec Rabiot. Fiabilité élevée pour restituer les propos tenus dans l’interview, à condition de consulter le texte intégral pour vérifier le contexte et la formulation exacte des citations.\n\n- UNFP : source primaire et officielle pour la position des joueurs français. Très fiable pour connaître la réaction syndicale et les arguments défendus par les représentants des joueurs. \n\n- La presse italienne (propos de Luigi De Siervo) : information relayée par plusieurs organes de presse transalpins. La fiabilité dépend de l’origine précise du compte rendu (agence, journal officiel de la Serie A ou retranscription) ; en l’absence d’un communiqué officiel publié par la Lega Serie A, il s’agit d’un témoignage de second ordre qui mérite confirmation via une déclaration écrite ou un enregistrement public. \n\n- FIFPRO : organisation internationale pertinente mentionnée par l’UNFP. Source autorisée pour les positions globales sur la santé des joueurs et la régulation internationale du travail des footballeurs. \n\nConclusion\n\nLa polémique autour de Perth illustre une contradiction récurrente du football moderne : l’expansion commerciale mondiale pousse à exporter des rencontres, tandis que les acteurs sur le terrain dénoncent les conséquences sportives et sanitaires. Le débat, relancé par Rabiot et repris par l’UNFP, appelle à des réponses concrètes — meilleure planification des calendriers, évaluations médicales indépendantes, et transparence sur les accords commerciaux — que les instances de la ligue, les clubs et les syndicats devront négocier pour éviter que le calendrier ne sacrifie la santé et la qualité du jeu.