Marseille à mi saison De Zerbi entre promesses et lacunes structurelles six points derrière le PSG douze matches sans victoire au Vélodrome tactiques incohérentes pertes de balle relances fragiles
À mi-saison, De Zerbi voit l'OM buter sur lacunes tactiques et relances. Analyse des failles et pistes pour progresser.
Roberto De Zerbi affichait des ambitions claires cet été : « Il faut rivaliser avec le PSG mieux que ce que l’on a fait la saison dernière ». À la mi-saison, ces mots pèsent davantage que des intentions — ils se mesurent en points et en tendances. Sportivement, l’OM pointe déjà à six longueurs du champion à l’entame du match face au PSG, après deux défaites sur les quatre premières journées. Mais le véritable péril n’est pas seulement comptable : il est structurel et récurrent face aux grands rivaux domestiques et européens.
Un bilan chiffré inquiétant et une série qui s’éternise
Les chiffres peignent un constat froid. Marseille n’a plus gagné contre le PSG au Vélodrome en championnat depuis 12 rencontres (3 nuls, 9 défaites) ; Paris n’a pas concédé le moindre but dans l’antre phocéenne depuis six matches de Ligue 1. L’espoir d’une inversion de tendance entretenu la saison passée est devenu illusion après le 0-3 d’octobre 2024, quand le Real n’avait pas encore montré toute sa domination printanière mais avait déjà infligé une correction à De Zerbi.
Ces dynamiques pèsent sur la confiance des supporters et contraignent l’entraîneur italien à des arbitrages tactiques qui trahissent parfois la philosophie de jeu qu’il veut imposer. Le vrai enjeu n’est donc pas uniquement de rattraper un retard au classement, mais de remédier à des faiblesses répétées lorsqu’il s’agit d’affronter des équipes de haut niveau.
Deux stratégies, mêmes vulnérabilités
Face au PSG au Vélodrome, De Zerbi avait étonné en optant pour un bloc bas et un pressing faible : possession réduite (25,4 %), compromis défensif et erreurs individuelles, illustrées par le but contre son camp de Balerdi après une prise de risque mal maîtrisée. La tactique s’est soldée par une déroute logique contre un adversaire qui n’a besoin que de peu d’occasions pour faire la différence.
À l’inverse, le match retour à l’extérieur a reflété davantage l’identité voulue par l’entraîneur : pressing plus haut, meilleur contrôle (40 % de possession), davantage de tirs (11 contre 5) et d’occasions (5 contre 3) qu’au Vélodrome. Mais cette version « fidèle » de l’OM a aussi ouvert des espaces derrière une défense exposée, que des joueurs rapides comme Ousmane Dembélé et Nuno Mendes ont su exploiter.
La confrontation contre le Real Madrid en Ligue des champions a servi de laboratoire. À Santiago-Bernabéu, Marseille a tenté de jouer court depuis l’arrière pour contourner le pressing madrilène, a percé le bloc à plusieurs reprises et obtenu un but sur une récupération haute de Mason Greenwood, conclue par Timothy Weah. Ces moments ont montré que l’OM peut poser des problèmes à des cadors européens.
Mais la lecture immédiate des statistiques est tout aussi cruelle : en cherchant à construire depuis l’arrière, les Phocéens ont multiplié les pertes de balle dans leur moitié de terrain, offrant 29 tirs au Real. La victoire madrilène n’a été scellée que sur un penalty discuté en fin de match, mais elle met en lumière la fragilité fondamentale de l’équipe : trop d’erreurs cumulées se payent cash face aux meilleures formations, save the brilliance d’un gardien comme Geronimo Rulli ce soir-là.
Corriger ce défaut n’est pas une question d’effectif pur — même si l’écart salarial et de profondeur se fait sentir entre l’OM et des équipes comme le Real ou le PSG — mais d’exigence collective : réduire les pertes dans les zones dangereuses, améliorer la qualité des relances sous pression et adapter certains automatismes défensifs sans sacrifier l’ambition offensive.
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En bref, l’OM dispose d’outils et d’idées pour gêner de grandes équipes, mais il lui manque la constance défensive et la maîtrise technique sous pression. Corriger ces lacunes est la condition sine qua non pour que les belles promesses estivales prennent enfin forme.
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