Martinez: Vingegaard, un rival récurrent
Lenny Martinez : la révélation de la saison
Sa petite bouille d’ange tranche avec le regard noir qu’affiche plus souvent son pendant de la génération « dorée » de la Groupama-FDJ, Romain Grégoire. A ce dernier l’extrême ambition, à Lenny Martinez, la joie d’être là. On ne peut pas plus se tromper en se fiant seulement aux apparences quand il s’agit du fils de Miguel. Sa deuxième place au classement général d’O Gran Camino derrière Jonas Vingegaard (Visma | Lease a Bike) mais devant le revenant Egan Bernal (INEOS Grenadiers) prouve les progrès qu’il a réalisés. Ce qu’il en a dit nous apprend l’envie qui l’habite.
Est-ce parce qu’il n’a pas confiance en sa pointe de vitesse que Vingegaard entend gagner toutes ses courses en solitaire ? A priori non, le Danois n’a juste aucun égal dans les cols quand Tadej Pogacar n’est pas là, et parfois même quand le Slovène et sa mèche sont de la partie. En Galice jusqu’à dimanche, il n’a trouvé personne pour l’accompagner et son avance finale (1’55 ») glanée en trois étapes prouve l’étendue de sa domination.
Personne donc n’a pu l’embêter disions-nous ? Ce dimanche, un effronté pas bien haut sur son vélo a quand même tenté de prendre la roue du meilleur grimpeur du monde. « Dans la dernière bosse, j’ai pu être bien placé et réagir à l’attaque de (Jonas) Vingegaard, expliquait Lenny Martinez dans un communiqué de la formation Groupama-FDJ. Malheureusement je n’ai pas réussi à suivre mais je suis resté à 10-15 secondes pour gérer mon effort, ne pas exploser. » Le débours final (16 ») confirme les dires du grimpeur de poche, le seul à résister au double vainqueur du Tour quand le reste de la meute concédait plus de 45 secondes.
Cette réaction et le pedigree de ses compagnons de podium (Vingegaard et Bernal donc), « deux grands champions » feront de ce séjour en Galice un point important de la naissante carrière de Lenny Martinez. S’il s’était mis en avant en filou sur la Classic Var mi-février domptant le Mont Faron après le Ventoux, excusez du peu, en 2023, c’est cette fois sa performance physique que l’on retiendra. Car s’il a été battu par Vingegaard, ce qui n’a rien d’infamant, Martinez a dominé pêle-mêle, Egan Bernal, Cian Uijtdebroeks, Hugh Carthy ou plus loin Richard Carapaz et… David Gaudu. Ce dernier jouera les soutiens pour son jeune coéquipier promis à un rôle de leader sur la prochaine Vuelta – après y avoir porté le maillot rouge en première semaine mais aussi souffert dans les deux dernières -, mais pas sur le Tour que lui et son équipe ont jugé encore trop grand pour ses 20 printemps.
Un avenir prometteur sur les routes du cyclisme
S’il aura « une maturité plus tardive » que Grégoire, dixit Philippe Mauduit, le boss des direct