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Nantenin Keïta raconte comment sa déficience visuelle l'a conduite au titre paralympique, transformant stigmatisation en fierté et confiance et plaidant pour pérenniser l'accès au sport inclusif après Paris 2024

Nantenin Keïta explique comment le sport a bâti sa confiance, décrit contraintes et outils, et appelle à pérenniser l'accès au sport inclusif après Paris

Propos recueillis par Arnaud Assoumani

Nantenin Keïta raconte une trajectoire qui tient autant du hasard que d’une détermination patiente. Issue d’une enfance où le sport côtoyait déjà la différence visuelle, elle est entrée dans l’athlétisme après une succession d’événements simples : des activités scolaires, une professeur d’EPS attentive et la détection par la Fédération Française Handisport. Ce basculement, explique-t-elle, n’a pas été une révélation technique d’emblée, mais plutôt la découverte d’un terrain où elle pouvait réussir et être reconnue autrement que par son handicap.

Le sport comme moteur de confiance et de reconnaissance

Pour Nantenin Keïta, le sport a été déterminant dans la construction de son identité. Là où les moqueries ou les réductions identitaires auraient pu peser, la compétition lui a offert une place différente : « On ne parlait plus de ‘Nantenin Keïta, l’handicapée’. On parlait de ‘Nantenin Keïta, la sportive de haut niveau’. » Cette bascule symbolique a transformé sa relation à son handicap, qu’elle présente désormais comme un facteur ayant contribué à son parcours, et non comme un simple obstacle.

Sur le plan personnel, la pratique compétitive lui a donné de la confiance et des repères concrets : des podiums, des victoires, des objectifs atteints. Elle évoque aussi l’héritage familial — l’idée qu’il faut « en faire plus que les autres » — et la métaphore du citron amer que son père lui a transmise : tirer profit d’une situation difficile pour en faire une ressource.

Vivre et s’entraîner avec une déficience visuelle : contraintes et adaptations

Nantenin décrit avec précision la manière dont sa déficience visuelle influence sa vie quotidienne et sa pratique sportive. Ayant une vision très réduite de loin, elle ne lit pas les panneaux de rue ou les étiquettes en magasin, ce qui crée des situations cocasses mais aussi des risques. Dans l’espace public, l’absence de signes visibles de handicap — elle n’utilise ni canne ni lunettes — peut conduire à des incompréhensions et à des réactions de surprise chez autrui.

Sur la piste, les défis sont concrets : repérage de l’espace, obstacles laissés au sol, bruit ambiant qui trouble la concentration. Courir suppose non seulement un geste répété mais aussi une lecture de l’environnement (position des concurrentes, repères sur la piste) que la déficience rend plus coûteuse en énergie. Elle souligne néanmoins les progrès : apprendre à dire « je ne vois pas » lui a permis de mieux se faire accompagner et de sensibiliser autour d’elle.

Au-delà des obstacles techniques, Nantenin insiste sur l’importance des outils de compensation et des dispositifs d’inclusion — accompagnement, matériel adapté, sensibilisation — qui permettent de réduire la pénibilité et d’ouvrir les clubs à un public plus large.

Paris 2024 et l’effet sur les regards

L’athlète juge que Paris 2024 a constitué « un grand pas en avant » pour l’acceptation et la visibilité du sport adapté. Elle appelle à prolonger cet élan : ouvrir davantage les clubs, couvrir médiatiquement les compétitions hors Jeux Paralympiques, et promouvoir la pratique sportive pour tous, sans obligation de viser le haut niveau. Les retours du public aux Mondiaux 2023 et les anecdotes — comme des enfants qui se dessinent avec une prothèse et rêvent de médailles — attestent selon elle d’un déplacement du regard, du misérabilisme vers la performance et l’émulation.

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. L’article repose principalement sur un entretien direct avec Nantenin Keïta (propos recueillis par Arnaud Assoumani). Le témoignage de l’athlète constitue une source primaire et fiable pour rendre compte de son expérience subjective, de ses opinions et de ses ressentis. Il faut toutefois garder à l’esprit la nature personnelle de ces éléments : ils sont pertinents pour comprendre son parcours mais ne prétendent pas être des données généralisables sans complément.

  2. Les mentions institutionnelles — Fédération Française Handisport, INSEP, Malakoff Humanis — renvoient à des acteurs reconnus dans le champ du sport adapté et de l’accompagnement professionnel ; ce sont des sources institutionnelles crédibles pour les faits (recrutement, lieu d’entraînement, employeur). Les crédits médias (Getty Images pour une photo, Eurosport pour une vidéo) indiquent des sources éditoriales identifiables et généralement fiables pour l’illustration visuelle et audiovisuelle.

  3. Limites et recommandations

  4. Le format interview n’apporte pas d’éléments chiffrés ni d’analyse externe sur l’impact réel des politiques d’inclusion ou des besoins matériels. Pour approfondir, il serait utile de compléter ce témoignage par des données de la Fédération Française Handisport (nombre d’adhérents, dispositifs d’accessibilité), des études sur l’accès au sport des personnes déficientes visuelles, et des retours d’autres athlètes ou responsables de clubs.

  5. En somme, le récit de Nantenin Keïta est une source précieuse pour saisir la réalité vécue d’une championne paralympique ; il mérite d’être complété par des perspectives institutionnelles et quantitatives pour mieux éclairer les enjeux d’inclusion et de pérennisation des progrès observés depuis Paris 2024.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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