Richomme 3e à Portsmouth et lucide sur The Ocean Race Europe conditions musclées fatigue et erreurs tactiques ouvrent des opportunités et relancent le débat sur les scoring gates
Yoann Richomme (Paprec Arkéa) 3e à Portsmouth : fatigue, erreur tactique et enjeux des scoring gates avant Porto et Carthagène.
Yoann Richomme et son IMOCA Paprec Arkéa ont décroché la troisième place de la première étape de The Ocean Race Europe, arrivée jeudi à Portsmouth. Au classement général provisoire, Paprec Arkéa pointe à 6 points, au coude-à-coude avec Team Malizia, derrière Biotherm qui totalise 9 points. Richomme a livré ses premières impressions après cette manche d’ouverture, avant de repartir dimanche en direction de Porto puis de Carthagène. Les échanges confirment une course intense, marquée par des changements rapides de voiles, peu d’heures de sommeil et une dépense physique importante pour les équipiers engagés sur ces courtes étapes très nerveuses.
Premières impressions de Yoann Richomme
Richomme se dit reposé et satisfait du déroulé de l’escale à Portsmouth : temps pour réparer le bateau, récupérer l’équipage et profiter d’une navigation conviviale dans le Solent. Après un Vendée Globe couru quelques mois plus tôt et achevé à la deuxième place, il assure que la fatigue « est digérée » et que l’équipage est prêt pour la suite de l’épreuve.
Le skipper souligne la difficulté particulière des étapes courtes : elles exigent de nombreux changements de voile et une grande réactivité face à des variations météorologiques rapides. Malgré cinq à six heures de sommeil par nuit, l’équipe a subi « une grosse dépense énergétique ». Richomme salue aussi la dynamique de groupe : courir à plusieurs change profondément la gestion du sommeil, des rôles et de la stratégie par rapport à la navigation en solitaire.
Sur le plan sportif, il assume une erreur stratégique qui a coûté la deuxième place à l’arrivée, en expliquant que l’équipe a manqué d’un ajustement tactique au mauvais moment. Il loue par ailleurs la polyvalence des membres d’équipage — chacun a des responsabilités définies (navigation, manœuvres, gestion des voiles) mais doit rester capable de s’entraider selon la fatigue et les besoins du bord.
Analyse sportive et enjeux à venir
La victoire de Biotherm sur cette étape est attribuée, selon les concurrents, à des conditions particulièrement favorables à ce bateau : vents moyens (10–15 nœuds) et mer plate après des passages protégés entre îles. Richomme estime que ces conditions ont joué en leur faveur et reconnaît que des conditions plus musclées pourraient avantager des équipages comme Paprec Arkéa. Cependant, il note qu’il n’attend pas pour autant des vents exceptionnellement forts sur les prochaines manches.
L’introduction des « scoring gates » — points bonus quelques milles après chaque départ — a aussi fait débat. Richomme apprécie le concept pour le spectacle et l’enjeu supplémentaire, mais pointe qu’il augmente la pression et incite à prendre des risques dès le départ, ce qui peut mener à des erreurs coûteuses comme celles observées lors de la première étape. La réintégration dans la course des bateaux endommagés au départ de Kiel (Holcim-PRB et Allagrande) pourrait redistribuer les cartes, même si des décisions du jury après Carthagène pourraient modifier le calcul des points.
Sportivement, la course reste ouverte : les étapes courtes favorisent un peloton serré et multiplient les permutations de classement, tandis que les conditions locales (vent, mer) et les choix tactiques instantanés garderont toute leur importance. Paprec Arkéa devra limiter les erreurs stratégiques, gérer la fatigue collective et anticiper les configurations météo qui joueront contre ou pour ses caractéristiques de bateau.
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