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Roger Federer : Va-t-il abandonner sa légendaire revers à une main ?

Le déclin du revers à une main dans le tennis moderne

De règle à exception. Lors de la première publication du classement ATP le 27 août 1973, il n’y avait qu’un seul joueur dans le Top 10 à ne pas frapper son revers à une main, il s’appelait Jimmy Connors (10e). A l’origine d’une véritable révolution tennistique, l’Américain a initié une nouvelle tendance devenue désormais ultra-majoritaire sur le circuit. Tant et si bien que plus de cinquante ans plus tard, il n’y a ce lundi plus un seul revers à une main parmi les dix meilleurs joueurs du monde, Stefanos Tsitsipas n’en faisant plus partie pour la première fois depuis cinq ans.

Pour les puristes et amoureux du beau, le constat est regrettable. Mais il ne peut surprendre. Dans le Top 100 cette semaine, c’est simple, il n’y a que 11 joueurs avec un revers à une main : Tsitsipas donc (11e), Grigor Dimitrov (13e), Lorenzo Musetti (26e), Christopher Eubanks (34e), Chris Evans (42e), Daniel Altmaier (55e), Dusan Lajovic (58e), Chistopher O’Connell (65e), Stan Wawrinka (67e), Dominic Thiem (89e) et Aleksandar Kovacevic (100e). Et plus inquiétant encore pour l’avenir du coup, au sein de cette proportion très minoritaire de résistants, seuls quatre ont 25 ans ou moins, Musetti étant l’unique représentant de la génération Alcaraz-Sinner-Rune appelée à dominer le tennis dans les années à venir.

Alors, comment en est-on arrivé là ? Les conditions de jeu et la professionnalisation du sport sont les deux facteurs les plus évidents. Face au ralentissement des surfaces, à l’utilisation de balles de plus en plus lourdes, la solidification du jeu de fond de court s’est accentuée et généralisée, la dimension physique devenant aussi plus importante. L’aide de la seconde main en revers a permis aux joueurs de gagner en constance et en sécurité, limitant le risque de décentrage.

Les arguments en faveur du revers à une main

Certes le talent exceptionnel du Suisse Roger Federer, qui a eu dans son arsenal le revers slicé avant même de passer professionnel, n’est pas à la portée de tous. Mais il est à noter que d’autres ont su travailler ce coup spécifique pour devenir plus complets voire gagner des Grands Chelems. Stan Wawrinka et Dominic Thiem en sont de fameux exemples, ayant intégré le slice à leur palette progressivement. Grigor Dimitrov a également montré des progrès récents avec un revers slicé efficace.

Sur le plan tactique, le revers slicé constitue une variation intéressante pour casser la fameuse cadence en puissance caractéristique du jeu moderne. C’est un outil qui peut aussi servir à attirer l’adversaire au filet dans de mauvaises conditions pour le punir d’un passing sur la frappe suivante. Les changements de rythme sont un atout redoutable face à des échanges de plus en plus stéréotypés. Mais encore faut-il maîtriser techniquement toutes les dimensions du revers à une main.

Il y a des choses qu’on fait plus difficilement à une main qu’avec deux

La rédaction de Commons

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