Acteurs de jeux vidéo américains en grève contre l'intelligence artificielle
Le syndicat SAG-AFTRA en guerre contre les géants du jeu vidéo
Après avoir bataillé avec les studios américains, le syndicat puissant des acteurs SAG-AFTRA se tourne désormais vers l’industrie des jeux vidéo. Le 26 juillet, une grève a été lancée contre plusieurs acteurs majeurs de ce secteur qui génère plus de 100 milliards de dollars de revenus annuels. Cette action fait écho aux grèves qui ont secoué Hollywood l’année dernière, mettant en lumière les revendications des comédiens du jeu vidéo.
### Des revendications pour plus de contrôle et d’équité
Les acteurs du jeu vidéo réclament des garanties pour s’assurer que l’utilisation de leurs voix ou de leurs mouvements se fasse avec leur consentement et qu’ils perçoivent une rémunération équitable. Les négociations, menées avec des poids lourds tels qu’Activision, Disney, Electronic Arts et Warner Bros Games, concernent environ 2 600 artistes impliqués dans le doublage de jeux vidéo ou l’animation de personnages de synthèse.
Les développeurs de jeux vidéo sont souvent accusés de traiter les acteurs « comme des données », selon Ray Rodriguez, négociateur pour le syndicat. Ce dernier a souligné lors du Comic-Con à San Diego, en Californie, que les entreprises technologiques du secteur ont tendance à ne pas reconnaître la vraie valeur des performances artistiques fournies par les acteurs, malgré l’importance de leurs interprétations nuancées et psychologiquement informées.
### Exploitation des failles légales et technologiques
Les géants de l’industrie ont soumis une offre lors des négociations, mais ils sont accusés de tenter d’exploiter des « failles » légales et technologiques pour contourner les demandes des acteurs. Sarah Elmaleh, présidente du comité de négociation du SAG-AFTRA, met en garde contre l’utilisation de l’intelligence artificielle dite générative, qui peut non seulement copier des acteurs existants, mais aussi créer de nouvelles voix ou mouvements à partir d’enregistrements de multiples comédiens.
Il est clair que la bataille engagée par le syndicat contre les géants du jeu vidéo est motivée par la volonté de garantir aux acteurs une juste rémunération et le respect de leur travail artistique. Le dénouement de ces négociations aura un impact significatif sur l’industrie du divertissement virtuel, mais également sur la reconnaissance de la contribution des acteurs à ce secteur en pleine expansion.