Arcep alerte sur l'explosion des appels frauduleux et usurpations de numéros en 2025 : signalements doublés, plus de 23 000 plaintes et opérateurs sommés d'authentifier et couper les appels usurpés
L'Arcep signale +113% de signalements en 2025 et demande aux opérateurs d'authentifier et couper les appels usurpés. Mesures et conseils.
C’est un phénomène qui touche un très large public : les appels et messages frauduleux, ainsi que les usurpations de numéros, ont connu une hausse marquée en 2025, selon le bilan publié par le régulateur des télécommunications.
Ce que disent les chiffres
D’après l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), les signalements de consommateurs concernant la catégorie « appels et messages non sollicités ou abusifs » ont augmenté de 113 % par rapport à 2024, selon le rapport rendu public lundi 16 février.
Sur l’ensemble de l’année, plus de 23 000 plaintes ont été reçues dans cette catégorie, qui constitue désormais le deuxième motif d’alerte adressé à l’Arcep, derrière les signalements liés à la fibre optique. Ces signalements regroupent plusieurs types de pratiques : usurpation de numéro (spoofing), démarchage abusif, SMS frauduleux et appels trompeurs.
La progression la plus spectaculaire concerne précisément les suspicions d’usurpation de numéro : plus de 19 000 signalements ont été enregistrés, un volume qui a plus que doublé par rapport à 2024 et qui a été multiplié par plus de trente entre 2023 et 2025. Sur deux ans, le nombre global de signalements pour appels abusifs a donc été multiplié par onze, ce qui confirme une tendance déjà amorcée auparavant.
Ces chiffres traduisent une montée en intensité des tentatives d’escroquerie par téléphone, mais ils reflètent aussi une sensibilisation accrue des usagers et une facilité plus grande à déclarer ces faits — deux facteurs qui peuvent à la fois augmenter et éclairer la statistique.
Actions des autorités et limites techniques
Face à cette progression, l’Arcep a demandé aux opérateurs, depuis début décembre, d’afficher, chez le destinataire d’un appel, une indication lorsque le numéro est présenté en « appel masqué » et que l’authenticité du numéro appelant est douteuse. Par ailleurs, le régulateur rappelle qu’à partir d’octobre 2024 les opérateurs ont l’obligation de s’assurer de l’authenticité des numéros appelants affichés et de couper les appels qui imitent un autre numéro.
En parallèle, l’Arcep a ouvert en janvier une enquête administrative portant sur les opérateurs français, afin d’examiner leur conformité et l’efficacité des dispositifs de lutte contre les usurpations.
Techniquement, le « spoofing » consiste à faire apparaître sur l’écran du destinataire un numéro qui n’est pas celui de l’appelant réel. Les opérateurs disposent de mécanismes de vérification et d’authentification des identifiants d’appel, mais ces dispositifs se heurtent à plusieurs limites pratiques : l’usage de services VoIP transfrontaliers, la capacité des fraudeurs à router les appels via des infrastructures étrangères, et la difficulté à tracer systématiquement les auteurs quand ils utilisent des plateformes ou des passerelles hors du champ d’application d’une réglementation nationale.
Ces contraintes expliquent en partie pourquoi, malgré des obligations réglementaires renforcées, la proportion d’appels frauduleux reste élevée et pourquoi des actions de contrôle et de coopération internationale sont souvent nécessaires pour démanteler des réseaux organisés.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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L’article original s’appuie principalement sur les chiffres et les prises de position de l’Arcep. En tant qu’autorité administrative indépendante chargée de la régulation des réseaux et services de communications électroniques, l’Arcep est une source institutionnelle et crédible : ses bilans reposent sur des déclarations de consommateurs, des remontées des opérateurs et des suivis techniques. Sa fiabilité est donc élevée pour décrire l’évolution des signalements et les mesures réglementaires prises.
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Toutefois, il convient de préciser les limites inhérentes à ces données : elles reposent en large part sur des signalements volontaires des usagers, ce qui introduit des biais (sous‑déclaration possible, variations dans la propension à porter plainte selon les publics, redondance de signalements pour un même incident). Par ailleurs, les chiffres reflètent l’activité de signalement sur le territoire national et ne rendent pas pleinement compte des flux transfrontaliers ou des activités des infrastructures étrangères qui peuvent être mobilisées par les fraudeurs.
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En somme, l’Arcep fournit un diagnostic robuste et utile pour évaluer la tendance et orienter les politiques publiques, mais ses statistiques doivent être lues en connaissance de ces limites méthodologiques. Des informations complémentaires provenant des opérateurs, des enquêtes judiciaires et des analyses techniques internationales permettraient d’affiner encore le tableau.
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Que faire en tant qu’usager ?
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Sans prétendre lister toutes les précautions possibles, il est utile de rappeler quelques gestes simples : ne pas communiquer d’informations sensibles par téléphone, vérifier l’identité d’un correspondant douteux via un autre canal, signaler toute usurpation à son opérateur et aux plateformes officielles de signalement, et maintenir à jour les outils d’authentification proposés par son opérateur lorsque ceux‑ci existent.
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Les chiffres de l’Arcep soulignent l’importance de combiner réponses techniques, contrôles réglementaires et vigilance des consommateurs pour réduire la nuisance des appels frauduleux et des usurpations de numéros.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.