Victimes de violences dans l'enseignement catholique dénoncent l'omerta de l'Église et de l'État devant les députés
Des victimes de violences dans l’enseignement catholique témoignent de l’omerta
Le 20 mars 2025, des représentants de victimes de violences au sein de l’enseignement catholique se sont exprimés devant la commission d’enquête à l’Assemblée nationale. Leur intervention a révélé un climat d’omerta manifesté tant par l’Église que par l’État concernant les agressions signalées dans ces établissements. Ce moment de témoignage survient dans un contexte délicat, suite au scandale des abus au sein du collège Notre-Dame de Bétharram, qui a entraîné une libération de la parole parmi de nombreux anciens élèves.
Les participants à une table ronde organisée par la commission d’enquête ont exprimé leur frustration face à un système qu’ils jugent inchangé et trop bien rodé. Alain Esquerre, porte-parole des victimes de Bétharram, a déclaré avec véhémence : « S’il n’y a pas des citoyens qui prennent le taureau par les cornes, tout continue à tourner. Le ‘pas de vagues’ est toujours là en 2025. On protège l’institution. » Ses propos illustrent une perception largement partagée que la protection des institutions prime sur la nécessité d’une véritable réforme systémique.
Un appel à l’action et à la reconnaissance des souffrances
Alain Esquerre a également évoqué les 180 plaintes collectées, ainsi que de nombreux témoignages d’anciens élèves. Ses déclarations laissent entendre un besoin urgent d’action. Il propose la création d’un nouvel organe, un « Office national de prévention et de contrôle des établissements scolaires », qui aurait pour mission de prévenir de telles violences et de veiller au respect des droits des élèves.
Bernard Lafitte, un autre intervenant, représentant les victimes du collège privé Notre-Dame du Sacré-Coeur à Dax, a souligné l’irresponsabilité des autorités ecclésiastiques à ignorer les expériences traumatisantes des victimes. « Nous n’attaquons pas une institution, nous attaquons des prédateurs », a-t-il insisté, affirmant que les véritables coupables sont ceux qui perpètrent les abus et non les victimes elles-mêmes. Lafitte a remercié certains évêques pour leur compassion, tout en déplorant une confusion persistante entre l’attaque des individus malveillants et celle de l’institution.
Constance Bertrand, une ancienne élève de l’Institution Saint-Dominique à Neuilly-sur-Seine, a partagé des anecdotes révélatrices quant à sa propre expérience. Elle a critiqué ce qu’elle qualifie de « manque de courage des adultes » à l’époque des faits. Rappelant que des plaintes avaient été déposées sans obtenir de réponse adéquate, elle a lancé un appel désespéré aux députés : « Ne laissez pas le sujet s’éteindre. »
Les interventions de ces victimes soulignent une réelle inquiétude pour l’avenir des élèves dans l’enseignement catholique. À l’heure actuelle, la question de la réponse institutionnelle aux abus reste plus que jamais d’actualité.
En matière d’évaluation des sources citées dans cet article, les témoignages proviennent directement des victimes participantes à l’audience. Leur perspective constitue une contribution essentielle à la compréhension de ces problématiques gravissimes. Cependant, il est essentiel de noter que les affirmations faites lors des tables rondes doivent être examinées de manière critique, étant donné qu’elles reposent sur des expériences personnelles et des interprétations subjectives.
En résumé, les révélations faites durant la commission d’enquête mettent en lumière des dysfonctionnements notables au sein de l’enseignement catholique et soulignent l’urgence d’une action concrète. L’institution doit non seulement reconnaître la souffrance des victimes,