Baisse des recettes fiscales sur les carburants de plus de 80 millions d'euros au premier semestre 2026 malgré la hausse des prix à la pompe, le gouvernement explique l'effet volume lié aux changements de comportement des consommateurs
Le gouvernement annonce une perte de plus de 80 M€ de recettes liées au carburant au premier semestre 2026 et détaille causes et aides ciblées.
Le ministère des Comptes publics a annoncé une baisse des recettes fiscales liées aux carburants de plus de 80 millions d’euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. L’information a été communiquée par le ministre David Amiel lors d’une interview accordée à RTL le lundi 6 juillet 2026.
Des prix à la pompe plus élevés, mais des ventes en recul
Le paradoxe apparait d’emblée : alors que le prix des carburants a fortement augmenté à partir du 28 février — un mouvement lié, selon le gouvernement, à l’escalade du conflit au Moyen-Orient — la recette fiscale par litre vendu a, en théorie, augmenté. Mais cette hausse du produit fiscal par unité n’a pas compensé la contraction des volumes vendus. Le résultat est une diminution nette des recettes pour l’État sur le semestre.
Concrètement, le gouvernement rappelle que le prix du gazole en stations françaises valait environ 1,72 euro le litre au 27 février et a grimpé ensuite, atteignant à son pic près de 2,40 euros le litre — une hausse proche de 40 % au plus fort de la crise. L’essence a également augmenté, quoique dans des proportions moindres. Après un apaisement diplomatique entre Washington et Téhéran, les cours du brut ont redescendu, et les prix à la pompe ont suivi ; cependant, ils restent environ 10 % plus élevés qu’avant le déclenchement des frappes et des contre-frappes évoquées par le gouvernement.
Comportements des consommateurs : moins de trajets, plus de covoiturage
Pour expliquer la baisse des recettes, David Amiel et d’autres membres du gouvernement mettent en avant une modification des comportements de mobilité. Dès la fin mai, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait indiqué que la consommation de carburants avait diminué de 14 % entre le 1er et le 20 mai 2026 comparé à la même période de 2025. D’après les déclarations gouvernementales, cette contraction s’explique par une réduction des trajets individuels, un recours accru au covoiturage et un léger regain du télétravail.
Ces évolutions ont eu des conséquences pratiques : la hausse des prix n’a pas généré la « cagnotte » fiscale que certains avaient anticipée et proposée d’utiliser pour financer des mesures de soutien. « Heureusement qu’on n’a pas écouté ceux qui nous disaient ‘utilisez cette cagnotte pour financer les aides’ car il n’y a pas eu de cagnotte », a résumé David Amiel lors de son intervention sur RTL.
Face à la baisse des volumes, l’exécutif a annoncé des mesures d’aides ciblées, visant notamment les gros rouleurs et le secteur du transport routier, qui supporte un impact structurel plus important lorsque les prix de l’énergie fluctuent fortement.
Au final, la conjonction d’une forte variation des prix liée à un contexte international instable et d’un comportement de consommation plus prudent a abouti, pour l’État, à une perte nette de recettes fiscales sur les carburants au premier semestre 2026.
Relevé · Fiabilité des sources citées
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