Le TGV M, fierté française : de Belfort à La Rochelle, voyage dans les onze usines qui ont fabriqué le nouveau TGV
Le TGV M fabriqué en France entre en service : de Belfort à La Rochelle, onze usines Alstom et 4 000 personnes ont donné naissance au nouveau TGV.
À 320 km/h, on ne voit qu’un train qui file. Derrière le TGV M, il y a pourtant toute une France qui travaille : des soudeurs, des ingénieurs, des électroniciens, des logisticiens. Le nouveau TGV d’Alstom effectue ce vendredi son voyage inaugural entre Paris-Gare-de-Lyon et Marseille-Saint-Charles. L’occasion de rappeler une évidence : ce train est conçu et fabriqué en France.
Belfort, La Rochelle, Le Creusot : la carte de France du TGV M
Onze sites d’Alstom participent au programme. À Belfort, berceau historique du groupe, naissent les motrices, ces voitures de tête qui abritent la traction. À La Rochelle, on conçoit et on assemble les voitures voyageurs. Le Creusot fournit les bogies, les chariots qui portent les roues, Ornans les moteurs, Tarbes les équipements de traction et Villeurbanne l’électronique embarquée.
Au total, plus de 4 000 personnes ont été mobilisées, avec autour d’elles tout un réseau de sous-traitants, de PME et d’écoles. Alstom a d’ailleurs annoncé en avril 2025 plus de 150 millions d’euros d’investissements en France : une nouvelle usine à Belfort, des lignes doublées à La Rochelle et une nouvelle ligne d’assemblage à Valenciennes.
Ce savoir-faire ne date pas d’hier. En 1955 déjà, une locomotive construite par Alsthom atteignait 331 km/h lors d’essais de la SNCF, ouvrant la voie à la grande vitesse. Soixante-dix ans plus tard, les mêmes territoires signent la cinquième génération du TGV.
Un train imaginé main dans la main avec la SNCF
Le TGV M n’a pas simplement été commandé : il a été imaginé à deux. Depuis 2016, les équipes d’Alstom et de SNCF Voyageurs travaillent sur un même plateau de conception. Conducteurs, spécialistes de la maintenance et de l’expérience voyageurs ont été associés dès le départ, pour un train pensé par ceux qui le feront rouler.
Christelle Morançais, présidente de la Région Pays de la Loire, parle d’« une immense fierté » dans le hors-série que L’Hémicycle consacre au train. Elle y salue les ingénieurs, les techniciens et les ouvriers qui ont rendu la prouesse possible.
Plus grand, plus sobre, plus confortable
Le résultat est à la hauteur. Avec neuf voitures au lieu de huit, le TGV M peut transporter jusqu’à 740 passagers. Il consomme 20 % d’énergie en moins que la génération précédente, et 97 % de ses matériaux sont recyclables. À bord, sièges repensés, fenêtres agrandies et bar sur deux niveaux promettent un voyage d’un nouveau genre.
Le TGV M a aussi été pensé pour tous. Une voiture peut accueillir jusqu’à cinq personnes en fauteuil roulant, avec un élévateur intégré pour monter à bord. Le train fonctionne jusqu’à 50 °C extérieurs, et des batteries de secours lui permettent de rejoindre la gare la plus proche en cas de coupure de courant.
Le train séduit aussi au-delà des frontières. Eurostar a commandé trente rames du même modèle en octobre 2025, et SNCF Voyageurs en a ajouté quinze en janvier 2026. Le contrat-cadre totalise désormais 160 rames commandées fermes.
Élus et anciens ministres saluent un fleuron
Le lancement rassemble bien au-delà du monde ferroviaire. Dans une tribune publiée par Les Échos, dix élus et anciens ministres, dont Jean-Louis Borloo, Yves Jégo et les maires de Belfort, de La Rochelle et d’Ornans, estiment que ce made in France industriel « mérite toute notre reconnaissance et notre soutien ». Ils appellent l’État et les collectivités à mieux valoriser l’industrie française dans leurs achats.
La fête ne s’arrêtera pas au quai de Marseille. La semaine prochaine, le salon du Made in France célébrera les savoir-faire du pays, et Alstom s’est porté candidat à l’un de ses prix. Le TGV M, lui, montera en puissance avec treize rames attendues d’ici la fin de l’année, avant de partir vers Nice, les Alpes ou le Languedoc-Roussillon.