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COP30 à Belém 1602 représentants des énergies fossiles accrédités en baisse par rapport à Bakou mais loin des sommets de Dubaï alerte sur lobbying greenwashing et demande plus de transparence

KBPO recense 1 602 accrédités liés aux fossiles à la COP30 de Belém et réclame plus de transparence sur les accréditations.

C’est un constat récurrent à chaque COP : des représentants liés, directement ou non, aux industries du pétrole, du gaz et du charbon sont largement présents parmi les délégués accrédités. À Belém, pour la COP30, la coalition Kick Big Polluters Out (KBPO) a déclaré, le 14 novembre, avoir identifié 1 602 personnes accréditées avec des liens avérés avec les secteurs fossiles — un chiffre en baisse par rapport aux 1 773 relevés à Bakou (COP29) et loin du pic de 2 456 lors de la COP28 à Dubaï. Ces décomptes soulèvent des questions sur l’influence potentielle de l’industrie sur les négociations climatiques et sur la transparence des processus d’accréditation.

Qui sont ces lobbyistes et comment sont-ils comptés ?

Le recensement publié par KBPO inclut des représentants de majors comme ExxonMobil, Chevron, Shell ou TotalEnergies, des compagnies pétrolières publiques d’Afrique, du Brésil, de Chine et du Golfe, ainsi que des personnes liées à des entreprises moins attendues dans ce registre, comme Volkswagen ou Maersk. La coalition pointe aussi des entreprises dites « mixtes » : par exemple Orsted, leader dans l’éolien, est épinglée pour des activités commerciales liées au gaz, et EDF est critiquée au motif qu’une part de sa production provient encore du gaz (KBPO évoque 5 % à l’échelle mondiale pour 2024).

KBPO définit comme « lobbyiste des énergies fossiles » tout délégué qui « représente une organisation ou est membre d’une délégation dont on peut raisonnablement supposer qu’elle a pour objectif d’influencer » dans l’intérêt de l’industrie fossile. Cette définition est volontairement large : elle englobe les employés d’entreprises, de cabinets de conseil ou d’organisations professionnelles, et même certains acteurs publics quand leur rôle peut favoriser des intérêts hydrocarbures. Le chiffre final dépend donc fortement des critères retenus et de la méthode d’identification (analyse des affiliations, des historiques professionnels, etc.).

Relevé · Fiabilité des sources citées

Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.

  1. KBPO est une coalition d’ONG et de groupes de plaidoyer focalisée sur la transparence et l’exclusion des intérêts fossiles des COP. Sa mission est claire et ses recensements sont utiles pour attirer l’attention sur la question des conflits d’intérêts, mais leur méthodologie mérite examen : ses chiffres reposent sur l’analyse publique des listes d’accréditation, des déclarations professionnelles et parfois d’enquêtes complémentaires. Cela peut conduire à des surestimations (liens indirects ou temporaires comptés comme influence) ou à des omissions (personnes sans affiliation publique identifiée). En somme, KBPO est une source pertinente pour signaler un problème, mais ses totaux ne constituent pas des mesures absolues et requièrent transparence méthodologique pour être pleinement vérifiables.

  2. Transparency International, citée pour souligner que 54 % des 42 000 personnes accréditées n’auraient pas déclaré leur affiliation auprès de l’ONU, est une ONG reconnue sur les questions de transparence et de corruption. Ses analyses s’appuient généralement sur des bases de données publiques et des comparaisons procédurales ; elles sont réputées solides, mais la dépendance à l’égard des déclarations auto‑rapportées et des registres d’accréditation limitent la précision absolue des évaluations.

  3. Quant aux allégations concernant Orsted ou EDF, elles relèvent du travail d’enquête de KBPO et supposent la vérification des rapports annuels et des ventes commerciales — sources que l’on peut confronter aux déclarations financières des entreprises et à des audits indépendants pour confirmer les détails. Enfin, l’affirmation scientifique selon laquelle la température moyenne de la Terre s’est réchauffée d’environ 1,3 °C depuis le XIXe siècle et que ce réchauffement est dû aux activités humaines correspond aux constats du GIEC (IPCC), la référence scientifique internationale : c’est une information haute-fiabilité, fondée sur des milliers d’études revues par les pairs.

  4. Pourquoi la présence de ces délégués importe-t-elle ? Leur accès aux négociations permet des contacts privilégiés, des interventions lors d’événements parallèles et des opportunités de lobbying direct auprès des délégations nationales. Cela soulève des risques de capture réglementaire, de dilution des ambitions climatiques et de greenwashing — processus par lequel des activités peu favorables au climat sont présentées comme « vertes ».

  5. Les chiffres de KBPO et les constats de Transparency International mettent en lumière un enjeu de gouvernance : comment concilier l’ouverture des COP à la société civile et au secteur privé avec la nécessité d’éviter que les intérêts commerciaux excessifs ne vident de leur substance les objectifs climatiques ? Les réponses demandent une meilleure transparence des listes d’accréditation, des critères d’exclusion clarifiés et des mécanismes de déclaration plus contraignants — autant d’axes qui relèvent autant des États parties à la convention que des organisateurs de chaque COP.

L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.

La rédaction de Commons

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