Réforme du DPE 2025 400 000 logements sortent des classes F et G mais la baisse masque des reclassements sans travaux et creuse un enjeu social pour propriétaires modestes
Le DPE 2025 recense 400 000 passoires en moins, mais des reclassements méthodologiques masquent l'absence de travaux et posent un enjeu social.
Les logements classés comme « passoires énergétiques » ont reculé d’une ampleur notable selon les données officielles publiées le jeudi 13 novembre : au 1er janvier, ils étaient 5,4 millions, soit 400 000 de moins qu’un an auparavant. Ce recul intervient alors que la définition et le calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) ont été modifiés récemment, ce qui rend l’interprétation des chiffres plus complexe que ne le laissent entendre les seuls totaux bruts.
Ce que disent les chiffres
Au niveau du parc total, les logements classés F ou G — catégories qualifiées de passoires énergétiques — représentent désormais 14,4 % des logements en France. Parmi les résidences principales, la part est légèrement moindre : 12,7 %, soit environ 3,9 millions de logements. La répartition montre que la majorité de ces logements sont occupés par leurs propriétaires (2,5 millions), tandis que le parc locatif privé compte 1,1 million de passoires énergétiques, soit 13,8 % de ce sous-parc.
Dans le détail du parc locatif privé, 453 000 logements étaient toujours classés G au 1er janvier 2025. Cette distinction est importante car, depuis cette même date, la réglementation impose qu’un logement mis en location obtienne a minima la classe F, sous peine d’obligations de travaux pour le propriétaire. Ces règles renforcent les pressions réglementaires sur les bailleurs, en particulier ceux qui possèdent des logements très énergivores.
Pourquoi la baisse est plus nuancée qu’elle n’y paraît
Selon le Service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique, plusieurs révisions méthodologiques du DPE expliquent une part importante de la baisse observée. La modification des seuils de calcul pour les petites surfaces, annoncée en février 2024, aurait ainsi permis de faire sortir 160 000 appartements de la catégorie « passoire énergétique ». Le SDES précise que cela correspond à 38 % de la baisse des passoires estimée parmi les résidences principales sur l’année.
Une autre évolution du DPE — la modification du coefficient de conversion de l’électricité, utilisé pour convertir la consommation en énergie primaire — devrait, selon le SDES, faire sortir environ 700 000 résidences principales du statut de passoire énergétique. Ces recalculs illustrent que des changements de méthode peuvent avoir des effets de halo importants sur la taille apparente du problème, sans qu’il y ait nécessairement eu autant de rénovations ou d’améliorations physiques des logements.
Le SDES ajoute une mise en garde importante : l’évolution à la baisse peut traduire soit une amélioration réelle de la performance énergétique du parc, soit des effets liés aux comportements — tant du côté des diagnostiqueurs que des propriétaires (choix de réaliser ou non un nouveau diagnostic, recours à des méthodes de calcul différentes, etc.).
Au-delà des méthodes, l’étude met en lumière une dimension sociale : les passoires du parc locatif privé appartiennent majoritairement à des propriétaires âgés et à faibles revenus. Par exemple, 17,7 % des logements du parc locatif privé détenus par des propriétaires de plus de 80 ans sont classés F ou G, soulignant un enjeu de justice sociale dans la transition énergétique du logement.
Relevé · Fiabilité des sources citées
Chaque article de Commons se termine par cet examen. Il porte sur les sources citées dans le texte et vous permet de juger sur pièce.
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Les chiffres cités proviennent de données gouvernementales et d’un service ministériel (le SDES), ce qui en fait des sources primaires et généralement fiables pour les statistiques administratives : elles reposent sur des bases déclaratives et des enquêtes nationales structurées. Le SDES est reconnu pour la transparence de ses méthodologies et publie habituellement les notes méthodologiques accompagnant les séries statistiques, ce qui permet d’identifier précisément les impacts des changements de méthode.
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Cependant, la fiabilité des tendances dépend fortement de la stabilité méthodologique du DPE et de la qualité des diagnostics réalisés sur le terrain. Les récentes modifications du DPE introduisent des discontinuités temporelles : elles réduisent la comparabilité des séries d’une année sur l’autre. De plus, le DPE combine éléments mesurés et estimations ; la variabilité des diagnostiqueurs et les stratégies des propriétaires (par exemple attendre un nouveau calcul plutôt que faire des travaux) peuvent biaiser les évolutions apparentes.
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En synthèse, les données officielles sont valides pour décrire l’état actuel et les catalogues de logements selon le DPE, mais leur lecture exige prudence : une part significative de la baisse provient de changements méthodologiques et non uniquement de rénovations effectives. Pour évaluer l’amélioration réelle du parc, il faudra croiser ces statistiques avec des sources complémentaires (suivi des travaux de rénovation, consommations réelles mesurées, enquêtes indépendantes) et suivre l’application concrète des obligations légales pour les bailleurs.
L’évaluation porte sur les sources citées dans le texte, pas sur la véracité des faits rapportés. Là où les autres médias placent une bio d’auteur, Commons place sa méthode.