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Océans, microplastiques, déchets exportés : les Français veulent une filière de recyclage du plastique bâtie en France avec l’appui de l’État

Recyclage du plastique : 96 % des Français attendent une action de l’État aux côtés des entreprises. Pollution, usines, emplois : les chiffres du sondage.

Pour les Français, le plastique reste une pollution que l’on voit. Selon un sondage Norstat réalisé les 2 et 3 septembre 2026 auprès de 1 002 personnes, représentatives de la population âgée de 18 ans et plus, 70 % citent la pollution des océans et de la nature parmi leurs préoccupations. Ils sont 60 % à évoquer la présence de microplastiques dans l’environnement et dans l’alimentation.

Dévoilés le 30 septembre, à l’occasion de Produrable et des Assises nationales de l’économie circulaire, ces résultats dessinent une attente claire : une réponse collective, construite en France, avec l’appui de la puissance publique.

Une pollution qui touche des biens communs

Océans, milieux naturels, alimentation : la pollution plastique atteint des ressources partagées par tous. Les personnes interrogées en perçoivent aussi les failles. Les difficultés à collecter, trier et recycler certains plastiques sont citées par 28 % d’entre elles. La dépendance aux matières premières en préoccupe 23 %, l’exportation d’une partie des déchets plastiques 19 %. Plus largement, 63 % savent que ces déchets restent aujourd’hui difficiles à recycler.

Le constat rejoint la réalité de la filière du recyclage du plastique. La France ne recycle qu’environ un quart de ses emballages plastiques, quand l’objectif européen est fixé à 55 % pour 2030. Et à partir du 21 novembre 2026, l’Union européenne interdira l’exportation de ses déchets plastiques non dangereux vers les pays hors OCDE.

Une responsabilité partagée, d’abord industrielle

Face à ce constat, les Français ne s’en remettent pas aux seuls gestes individuels. Les entreprises qui développent de nouvelles technologies de recyclage arrivent en tête des acteurs dont le rôle est jugé le plus important (66 %). Suivent les marques qui utilisent du plastique dans leurs produits ou leurs emballages (60 %). Les consommateurs, par leurs choix et leurs gestes du quotidien, sont cités par 52 % des répondants, l’État et les pouvoirs publics par 51 %.

L’innovation apparaît comme une condition du progrès : 69 % jugent indispensables de nouvelles technologies ou une innovation industrielle pour mieux recycler le plastique.

96 % attendent l’État aux côtés des entreprises

Le chiffre le plus marquant porte sur l’action publique : 96 % des Français attendent une action de l’État aux côtés des entreprises pour développer le recyclage du plastique. Ce consensus, rare, traverse l’ensemble des catégories de la population.

Les attentes sont concrètes. La mesure la plus citée (55 %) consiste à encourager les marques à s’engager à acheter de la matière recyclée produite en France ou en Europe. Viennent ensuite le soutien à la recherche et au développement (43 %), la facilitation de l’implantation d’usines en France (41 %) et l’aide au financement des usines utilisant de nouvelles technologies (40 %).

« Les matières que nous recyclons doivent trouver des acheteurs », souligne Xavier Chastel, directeur général de Polyvia, le syndicat national des industriels de la plasturgie et des composites. Il y voit « une condition essentielle » pour la filière.

Les répondants fixent aussi des exigences de résultat : 57 % veulent des solutions qui génèrent moins de résidus, 48 % qu’elles traitent en priorité les déchets aujourd’hui difficiles à recycler. Au total, 90 % citent au moins un critère de performance technique, contre 62 % un critère économique. Dans l’esprit des Français, la performance prime donc sur le coût.

Relocaliser le recyclage du plastique

Les Français veulent enfin que cette industrie se construise sur le territoire. Une majorité (59 %) souhaite que la France développe ses propres capacités pour transformer les déchets plastiques en nouvelles matières premières. Plus d’un sur deux (53 %) veut que les usines et les emplois du recyclage soient d’abord implantés en France. Un déploiement à l’échelle européenne recueille 49 % des réponses, la liberté laissée aux entreprises de choisir où investir seulement 12 %. La protection des technologies et savoir-faire français jugés stratégiques est citée par 49 % des sondés.

Cette attente traverse les sexes, les territoires et les niveaux de revenus. Seuls les 18-25 ans se montrent un peu plus enclins à privilégier l’échelon européen, sans écarter pour autant la nécessité d’un ancrage national.

Recycler mieux, sans oublier de réduire

Le recyclage du plastique ne reste toutefois qu’un levier parmi d’autres. Des associations environnementales insistent sur la réduction à la source. À propos du recyclage chimique, Zero Waste France a ainsi mis en garde contre un « mirage technologique » qui détournerait l’attention de cet objectif. La loi anti-gaspillage de 2020 fixe d’ailleurs un cap plus large : la fin des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040.

L’étude sera présentée en détail le 7 octobre à la Questure de l’Assemblée nationale, lors d’un colloque consacré à l’économie circulaire. Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, et le président de l’ADEME, Sylvain Waserman, doivent notamment y participer.

La rédaction de Commons

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