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Réchauffement climatique : le monde pourrait atteindre 2,6 °C malgré les engagements des États, prévient le PNUE

Réchauffement climatique : découvrez pourquoi les engagements des États restent insuffisants et quelles baisses d’émissions le PNUE juge nécessaires.

Les engagements climatiques des États restent très éloignés des efforts nécessaires pour contenir le réchauffement. Dans son rapport annuel présenté mercredi 21 octobre 2026, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime que leur mise en œuvre intégrale placerait le monde sur une trajectoire de hausse des températures de 2,6 °C au cours du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels. Sans renforcement des politiques actuellement appliquées, cette hausse pourrait atteindre 2,8 °C.

Ces deux projections ne décrivent pas un avenir inéluctable : elles correspondent à des scénarios distincts, dépendant des décisions publiques et de leur application. Leur message commun reste néanmoins préoccupant. Ni les mesures en vigueur ni les promesses nationales ne permettent, à ce stade, de respecter l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris : limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Des promesses insuffisantes, des politiques encore en retrait

Le rapport distingue les engagements nationaux de réduction des émissions et les politiques réellement mises en œuvre. Cette différence est essentielle : annoncer une baisse future des émissions ne signifie pas que les mesures permettant de l’obtenir sont déjà adoptées. La trajectoire de 2,6 °C suppose donc que les États tiennent leurs engagements et poursuivent des efforts comparables, tandis que celle de 2,8 °C repose sur la continuation des politiques actuelles.

Les perspectives se dégradent par rapport à l’édition précédente. En 2025, le PNUE évaluait le réchauffement associé à la réalisation des engagements nationaux entre 2,3 et 2,5 °C. Le rapport de 2026 attribue cette révision notamment au retrait des États-Unis de l’accord de Paris et à de nouvelles estimations des émissions historiques. Cette comparaison doit ainsi être lue en tenant compte à la fois des évolutions politiques et des ajustements apportés aux données.

Limiter le dépassement de 1,5 °C plutôt que renoncer

Le constat ne signifie pas que l’action climatique serait devenue inutile. Le rapport considère désormais que le dépassement de 1,5 °C ne pourra plus être évité. L’enjeu consiste à en réduire l’ampleur et la durée, puis à chercher à ramener le réchauffement à ce niveau, ou en dessous, avant la fin du siècle. Il faut donc distinguer l’impossibilité de rester constamment sous ce seuil de la possibilité d’y revenir ultérieurement.

Le scénario de dépassement limité présenté par le PNUE envisage un pic compris entre 1,7 et 1,8 °C, avant un retour vers 1,5 °C à l’horizon 2100. Il s’agit d’une trajectoire conditionnelle, et non d’une prévision garantie. António Guterres appelle ainsi à poursuivre les efforts plutôt qu’à considérer le franchissement du seuil comme une raison de renoncer.

Des réductions bien plus fortes dès 2030

Pour suivre cette trajectoire, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devraient diminuer de 18 % d’ici à 2030, de 45 % d’ici à 2035 et de 69 % d’ici à 2040, par rapport à leur niveau de 2025. Ces échéances rapprochées montrent que l’effort ne peut pas être repoussé à la seconde moitié du siècle.

Or, la réalisation intégrale des engagements actuels ne conduirait qu’à une diminution de 5 à 8 % en 2030, puis de 11 à 15 % en 2035, toujours par rapport à 2025. L’écart concerne donc autant la profondeur des réductions promises que leur concrétisation. Le rapport souligne néanmoins que les politiques climatiques et le développement des énergies renouvelables offrent des moyens de changer cette trajectoire.

Une source institutionnelle solide, des projections à contextualiser

La principale source citée, le rapport annuel du PNUE, constitue une référence institutionnelle pertinente : cette série propose une évaluation scientifique de l’écart entre les émissions attendues et les trajectoires climatiques recherchées. Les chiffres centraux de l’article sont confirmés par les publications officielles consultées. Les déclarations du secrétaire général de l’ONU relèvent, elles, d’un message d’alerte politique et ne constituent pas une expertise indépendante supplémentaire.

Cette fiabilité ne transforme toutefois pas les scénarios en certitudes. Leur lecture exige de conserver les hypothèses associées aux températures annoncées et les années de référence des réductions d’émissions. L’enseignement principal demeure clair : les engagements actuels ne suffisent pas, mais l’ampleur du réchauffement futur dépend encore des efforts entrepris.

La rédaction de Commons

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