Azerbaïdjan : Martin Ryan gracié après près de trois ans de détention pour espionnage, tandis qu’Anass Derraz reste emprisonné
Martin Ryan a été gracié par l’Azerbaïdjan après près de trois ans de détention. Anass Derraz reste emprisonné à Bakou.
L’Azerbaïdjan a accordé, mercredi 23 septembre, une grâce présidentielle au Français Martin Ryan, détenu dans le pays depuis décembre 2023 et condamné à dix ans de prison pour « espionnage ». Cette libération intervient dans un contexte diplomatique tendu entre Bakou et Paris, marqué par plusieurs différends et par les accusations françaises de détention arbitraire.
Une grâce annoncée par décret présidentiel
Martin Ryan figure parmi les vingt personnes graciées par un décret signé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et publié mercredi. Il est le seul ressortissant français présent dans cette liste. Quatre autres étrangers bénéficient également de cette mesure : un citoyen russe, un Pakistanais et deux ressortissants turcs.
Cette décision met fin à près de trois années de détention pour cet homme d’affaires installé à Bakou depuis plusieurs années. Selon les éléments rapportés dans l’article, Martin Ryan avait été arrêté le 4 décembre 2023 par les autorités azerbaïdjanaises. Il était accusé d’avoir travaillé pour les services secrets français, ce que Paris a toujours fermement contesté.
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères avait qualifié cette détention d’« arbitraire » et rejeté « catégoriquement » les accusations d’espionnage. La France réclamait depuis plusieurs mois la libération du détenu, sans toutefois confirmer l’existence de négociations ou de contreparties diplomatiques liées à son dossier.
Des accusations portant sur des sujets stratégiques
D’après l’accusation azerbaïdjanaise, Martin Ryan aurait recueilli des informations sur les relations de l’Azerbaïdjan avec la Turquie, l’Iran et le Pakistan. Les charges portaient également sur des entreprises liées à la Russie et à la Chine, ainsi que sur des questions stratégiques concernant la région du Karabakh.
Ces accusations n’ont pas été reconnues par les autorités françaises, qui ont dénoncé le caractère politique de la procédure. L’article ne fournit toutefois pas d’éléments permettant de vérifier de manière indépendante les faits reprochés, ni les conditions dans lesquelles les informations auraient été recueillies. La prudence s’impose donc dans la présentation de ces accusations, qui relèvent de la version des autorités judiciaires azerbaïdjanaises.
Un contexte diplomatique sensible
La grâce est intervenue quelques heures après la levée de sanctions européennes visant l’oligarque russo-ouzbek Alicher Ousmanov, une mesure que la France aurait demandée. Cette proximité temporelle a alimenté les interrogations sur l’existence d’un éventuel lien entre les deux décisions.
Paris n’a cependant jamais confirmé de tractations entre la libération de Martin Ryan et la question des sanctions visant Alicher Ousmanov. En l’absence de déclaration officielle établissant un rapport entre ces événements, il convient de les présenter comme concomitants, sans en déduire un accord politique ou diplomatique.
La publication du décret présidentiel constitue la source la plus directement pertinente pour confirmer la grâce. Elle présente un niveau de fiabilité élevé pour établir l’existence de la mesure, à condition que le document soit authentifié. Les positions françaises sont, elles, à apprécier à partir des communiqués du ministère des Affaires étrangères, qui constituent une source officielle pour connaître la position de Paris, mais ne suffisent pas à établir la réalité des faits reprochés par la justice azerbaïdjanaise.
Anass Derraz toujours détenu
La libération de Martin Ryan ne règle pas la situation de tous les Français incarcérés en Azerbaïdjan. L’homme d’affaires Anass Derraz reste détenu à Bakou. Il a été condamné à douze ans de prison en novembre 2025 dans une affaire où il est accusé d’avoir accepté un pot-de-vin versé par un oligarque russe.
Selon le texte fourni, cette condamnation constitue un dossier distinct de celui de Martin Ryan. Aucun élément n’est apporté sur une éventuelle procédure de grâce ou sur l’état des démarches françaises en faveur d’Anass Derraz. Sa situation demeure donc inchangée à ce stade, tandis que la grâce accordée à Martin Ryan ouvre un nouvel épisode dans les relations déjà difficiles entre la France et l’Azerbaïdjan.