L’Union européenne prolonge ses sanctions contre la Russie mais retire deux oligarques de sa liste malgré la colère de l’Ukraine
Sanctions Russie : l’UE prolonge son dispositif, mais retire Ousmanov et Fridman de sa liste, provoquant la colère de l’Ukraine.
Les États membres de l’Union européenne ont finalement trouvé un compromis, mardi 22 septembre 2026, pour prolonger les sanctions visant près de 3 000 personnes et entités liées à la Russie. L’accord, conclu au dernier moment avant l’expiration du dispositif, prévoit toutefois le retrait de deux hommes d’affaires russes de la liste européenne : Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman.
Un compromis conclu au terme de négociations tendues
Les sanctions européennes, adoptées après l’invasion russe de l’Ukraine, doivent être renouvelées à l’unanimité des Vingt-Sept. Cette règle a placé les capitales européennes sous pression alors que plusieurs gouvernements demandaient des modifications de la liste des personnes visées. Le désaccord a retardé l’adoption du texte jusqu’à quelques heures seulement avant l’échéance.
La France a soutenu le retrait d’Alicher Ousmanov, homme d’affaires russo-ouzbek considéré comme proche du Kremlin. Paris a invoqué des « raisons de sécurité nationale » pour justifier sa position, sans fournir publiquement davantage de détails. Cette demande a surpris plusieurs partenaires européens, compte tenu des motifs qui avaient conduit à l’inscription d’Ousmanov sur la liste des sanctions.
Le Luxembourg a, de son côté, défendu le retrait de Mikhaïl Fridman, également présenté comme proche du pouvoir russe. La Slovaquie aurait soutenu la sortie des deux milliardaires de la liste. D’autres États membres, notamment la Lettonie, se sont opposés à cet assouplissement, estimant qu’il envoyait un signal politique contestable alors que la Russie poursuit sa guerre contre l’Ukraine.
En contrepartie de ce compromis, le régime de sanctions a été prolongé pour une période plus longue qu’à l’accoutumée. Cette solution permet aux Européens d’éviter une interruption du dispositif et de préserver l’essentiel des mesures adoptées contre les responsables politiques, économiques et militaires accusés de contribuer à l’effort de guerre russe.
La réaction sévère de l’Ukraine
La décision a suscité la colère des autorités ukrainiennes. Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé, sur les réseaux sociaux, une démarche qu’il juge « autodestructrice et contre-productive ». Selon lui, lever les sanctions visant des oligarques russes au moment où les attaques contre la population ukrainienne se poursuivent affaiblit la cohérence de la réponse européenne.
Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Andrii Sybiha, avait lui aussi appelé l’Union européenne à maintenir les sanctions contre Ousmanov et Fridman. Kiev leur reproche notamment de ne pas avoir condamné publiquement la guerre menée par Moscou. L’Ukraine considère que les mesures européennes doivent rester en place tant que la Russie ne renonce pas à son agression et ne répond pas des conséquences du conflit.
Le retrait des deux hommes ne signifie pas que l’Union européenne abandonne sa politique de sanctions. Il constitue néanmoins une exception symboliquement importante, car Ousmanov et Fridman étaient présentés comme des figures de l’élite économique russe proche du pouvoir. Cette décision risque donc d’alimenter les critiques sur l’unité européenne et sur la solidité des critères utilisés pour maintenir ou retirer une personne d’une liste noire.
Le cas Martin Ryan, un élément encore difficile à établir
L’article d’origine établit un lien entre la décision européenne et l’annonce, par l’Azerbaïdjan, de la grâce de Martin Ryan, un ressortissant français détenu depuis 2023 et condamné pour espionnage. Cette chronologie peut nourrir des interrogations sur d’éventuelles négociations diplomatiques, mais elle ne suffit pas à prouver l’existence d’un accord entre Paris, Bruxelles et Bakou.
La prudence est d’autant plus nécessaire que l’article initial ne cite pas précisément ses sources et ne distingue pas clairement les faits établis des hypothèses. Les informations relatives au compromis européen sont corroborées par plusieurs médias reconnus, dont Le Monde, Euronews et Reuters, qui ont rapporté les discussions autour du retrait d’Ousmanov et de Fridman. Ces sources sont globalement solides, même si les négociations diplomatiques reposent souvent sur des déclarations anonymes.
En revanche, le lien direct entre la levée des sanctions et la grâce de Martin Ryan doit être présenté comme une coïncidence temporelle ou une hypothèse non démontrée, sauf confirmation officielle. Les accusations d’espionnage formulées par les autorités azerbaïdjanaises doivent également être attribuées à Bakou, sans être présentées comme des faits définitivement établis. Sur ce point, le texte d’origine gagnerait à préciser l’identité des sources, leur degré d’indépendance et les éléments permettant de vérifier les affirmations avancées.